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BFMTV révèle le témoignage d’une adolescente de 14 ans affirmant avoir été percutée par la voiture d’un véhicule de police qui fonçait sur des manifestants à Dunkerque, lundi dernier. Légèrement blessée à la jambe et à la hanche, elle a été conduite au centre hospitalier de Dunkerque et a déposé plainte ce vendredi 9 octobre.

Les images ont circulé sur les réseaux et ont conduit Laurent Nuñez à réagir, mercredi 7 octobre à l’Assemblée nationale. BFMTV peut révéler, ce vendredi 9 octobre, le témoignage d’une adolescente de 14 ans indiquant avoir été percutée par le 4×4 de police lancé à pleine vitesse sur des lycéens qui manifestaient, lundi à Dunkerque. Légèrement blessée à la jambe et à la hanche, elle a été examinée au centre hospitalier de Dunkerque après la collision, en fin de journée lundi.

Le service de police saisi s’est déplacé ce vendredi 9 octobre à son domicile pour recueillir sa plainte et celle de son représentant légal, a appris BFMTV auprès de la procureure de Dunkerque. Elle déclare qu’en reculant, le véhicule de police l’aurait heurtée, sans occasionner sa chute. Elle a été examinée au centre hospitalier de Dunkerque lundi 5 octobre, où il a été relevé une contusion sans gravité à la hanche. Elle est sortie de l’hôpital après cet examen.

Ce jour-là, alors que des dizaines de jeunes manifestaient aux abords d’un lycée et tentaient de bloquer la circulation, un 4×4 de la police nationale avait été filmé en train d’accélérer vers les jeunes, tout en effectuant des manœuvres dangereuses.

Sur une vidéo largement relayée, on le voit accélérer, monter sur le trottoir, effectuer une marche arrière pour repartir toujours à pleine vitesse, en emportant une poubelle au passage. Ce que la vidéo ne montre pas, c’est quand une adolescente est percutée par le 4×4 effectuant sa marche arrière.

C’est inacceptable ce qu’il s’est passé

Âgée aujourd’hui de 14 ans et scolarisée en classe de 3e, Julie* raconte ainsi à BFMTV qu’elle était en train de manifester avec des camarades lorsqu’elle a vu la voiture de police arriver. « On a vu la voiture accélérer, raconte Julie. On a eu peur. On est tous partis en courant… » Dans un deuxième temps, cette adolescente raconte qu’elle se met sur le côté et perd de vue le fameux 4×4. « Mais d’un seul coup, en me tournant, j’ai vu qu’il reculait vers moi. Il m’a percuté à la hanche et sur le haut de la jambe. Je me suis retrouvée au sol. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait… »

La suite, c’est Assia*, l’amie avec qui elle se trouvait, qui la raconte à BFMTV. « J’étais un peu plus loin. J’ai vu Julie se faire renverser. Le policier au volant s’est arrêté. Il a regardé dans son rétroviseur comme s’il voulait être sûr… Et il a redémarré à toute vitesse. » Assia précise que son amie était « perdue » et qu’un autre jeune l’a alors aidée à se relever. « Elle avait très mal à la jambe. C’est à peine si elle arrivait à marcher… »

Selon leurs témoignages, les deux jeunes filles sont ensuite rentrées au foyer où elles sont hébergées après avoir retrouvé leurs esprits. Julie assure avoir été accompagnée par un éducateur au centre hospitalier de Dunkerque pour faire constater ses blessures. « J’ai un énorme hématome. Un très gros bleu, raconte-t-elle. Mais je suis ressortie de l’hôpital et aujourd’hui ça va mieux. Mais je trouve que c’est inacceptable ce qu’il s’est passé. »

Après diffusion de la vidéo, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait réagi alors qu’il était entendu en commission à l’Assemblée nationale. « J’ai vu ces images. Il y a une enquête disciplinaire qui est en cours. Il y a un rappel à l’ordre qui a été effectué (…) Nous verrons ce dont il s’agit. »

Selon une source policière, le policier aurait agi dans le but de « déblayer des barricades » situées sur la chaussée et « après s’être assuré qu’il n’y avait personne sur la trajectoire ».

De son côté, la préfecture du Nord a confirmé l’ouverture d’une enquête administrative, estimant que la manœuvre « ne correspond pas aux doctrines d’emploi et d’orientation données par le ministère de l’Intérieur ». Sollicitée à plusieurs reprises, jeudi par BFMTV, sur le témoignage de Julie, la préfecture a finalement indiqué qu’elle ne répondrait pas à nos questions, tout en renvoyant vers le parquet de Dunkerque.

Jeudi, Charlotte Huet, procureure de la République, a annoncé, dans un communiqué, l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « mise en danger de la vie d’autrui » sur la base du visionnage de la vidéo.

Les investigations se poursuivent, notamment avec la recherche de témoins, l’exploitation de toutes les vidéoprotections utiles de la ville pour identifier les faits dénoncés et un examen médico-légal de la victime.

* Les prénoms ont été modifiés

Sujets liés : Police-Justice; Nord; Grand Littoral; Education; Colère des lycéens

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