Une mobilisation historique contre les violences sexistes et sexuelles
Samedi, des milliers de personnes ont manifesté en France pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles. À Paris, la marche a commencé dans l’après-midi de la place de la Bastille en direction de la place de la Nation. Selon les organisateurs, cette mobilisation a rassemblé environ 100 000 participants, saluant une « mobilisation historique contre les violences sexuelles ». La préfecture de police a quant à elle dénombré 6 440 manifestants.
De nombreuses familles avec enfants se sont rassemblées dans tout le pays pour réclamer une « loi-cadre intégrale » sur le sujet. La mobilisation s’est également étendue à l’échelle nationale, avec plus de 100 rassemblements organisés en France.
Des rassemblements dans toute la France
Selon les associations, 110 rassemblements ont eu lieu en province, notamment à Nantes, Bordeaux et Toulouse. La police a estimé la participation à ces manifestations à environ 10 700 personnes.
À Paris, sous un soleil de plomb, les manifestants ont scandé des slogans tels que « La vérité sort de la bouche des enfants » ou « Darmanin, des moyens ! ». La foule a chanté sur des musiques d’Angèle et Clara Luciani.
Le témoignage d’Anane, une première participation
Anane, 45 ans, a décidé de descendre manifester pour la première fois de sa vie. Victime d’inceste de la part de son oncle dès l’âge de 5 ans, elle a témoigné au micro de RMC. Lorsqu’elle a confronté son agresseur il y a deux ans, celui-ci lui a dit que c’était de sa faute et que son amour pour lui justifiait ses agressions, qui ont duré de ses 5 à 13 ans.
Un long chemin vers la parole et la justice
Anane explique qu’elle montre aujourd’hui une photo d’elle à 5 ans pour dénoncer le silence autour de ces violences. Elle a commencé une thérapie il y a quatre ans, puis porté plainte à 43 ans, malgré la prescription. Elle souhaite voir évoluer la loi pour mieux protéger les enfants et former les professionnels comme les enseignants et les médecins à accueillir la parole des victimes. Elle espère que ce mouvement marque le début d’un changement durable.
Les revendications pour une loi globale
Les organisateurs, regroupant 180 associations, exigent une loi « globale » plutôt que des mesures isolées. Selon eux, il faut agir à 360 degrés, en intégrant prévention, justice et accompagnement des victimes, notamment celles les plus vulnérables.
Le gouvernement prévoit de recevoir les parlementaires à la mi-juillet pour discuter de ces mesures. L’examen de la loi serait programmé pour l’automne.
Selon la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, cette loi pourrait être intégrée dans un texte plus large. La mise en œuvre pourrait passer par le recours au 49.3, permettant d’adopter la loi sans vote si nécessaire.
Appel à une action rapide
Arnaud Gallais, président de Mouv’Enfants, organisation de victimes d’inceste, a appelé à une action rapide. Il estime que si le gouvernement veut réellement lutter contre les violences, il doit agir vite et faire adopter cette loi, même par le biais du 49.3.














