Une réunion mouvementée pour Marine Tondelier
Ce dimanche soir, la secrétaire nationale des Écologistes a vécu une réunion difficile, confrontée à une fronde interne. Une partie des membres du parti ne digère pas les résultats mitigés des dernières municipales ni la volonté de Marine Tondelier d’organiser une primaire à gauche.
Une stratégie remise en question
Malgré une vie personnelle heureuse, avec l’annonce de sa grossesse fin mars, Marine Tondelier traverse une période compliquée sur le plan politique. Lors d’un conseil fédéral en visioconférence, qui a duré près de quatre heures, sa stratégie pour les municipales et la présidentielle de 2027 a été fortement critiquée.
« Vu notre bilan lors des élections, on serait sourd et aveugle de ne pas voir qu’on a vraiment merdé quelque part », a confié un cadre écologiste à BFMTV.
Un bilan difficile à défendre
Après la vague verte de 2020, les dernières municipales ont été un échec pour les écologistes. Plusieurs figures du parti, comme Jeanne Barseghian à Strasbourg, Pierre Hurmic à Bordeaux, Léonore Moncond’Huy à Poitiers ou Anne Vignot à Besançon, ont subi des défaites le 20 avril dernier.
Certains opposants à Marine Tondelier estiment qu’elle n’est plus la leader adaptée. Pourtant, elle avait personnellement soutenu chaque candidat lors de cette campagne.
« Je veux bien qu’on dise que les gens pas contents ne sont que des soutiens de Sandrine Rousseau, mais la réalité, c’est que son bilan est mauvais », juge un membre du parti.
Des résultats mitigés et des analyses contrastées
Les proches de Tondelier ont réalisé un bilan des municipales, soulignant la nécessité de comprendre les échecs. La députée Léa Balage El Mariky évoque un besoin de réflexion. La porte-parole Amina Niakaté déplore aussi « un backlash écologique partout en Europe ».
Malgré tout, certains insistent sur le maintien de leurs positions dans plusieurs grandes villes, comme Lyon avec Grégory Doucet ou Grenoble avec Laurence Ruffin, qui succède à Éric Piolle. Ces succès relatifs ne suffisent pas à convaincre tout le monde, notamment les détracteurs, qui voient dans ces résultats un profond avertissement des électeurs.
Les tensions autour de la primaire à gauche
La question de la présidentielle cristallise les tensions. Marine Tondelier souhaite organiser une primaire à gauche pour désigner un seul candidat, afin d’éviter la dispersion des voix et d’avoir un représentant au second tour.
Ses opposants craignent que cette primaire ne profite en réalité à Jean-Luc Mélenchon. Ils redoutent aussi que le candidat désigné se retire au profit de l’insoumis si sa campagne ne décolle pas, ce qui fragiliserait la démarche.
Ce débat a conduit à la sortie de plusieurs figures de la gauche. Le sénateur écologiste Yannick Jadot, après sa défaite à la dernière présidentielle, a publié un manifeste avec d’autres élus, appelant à une construction collective pour 2027.
Une tribune pour une gauche unifiée
Dans une tribune intitulée « Construire 2027 », des élus communistes, socialistes et écologistes ont appelé à une démarche commune, sans pour autant préciser les modalités pour désigner le candidat unique. Parmi eux, le sénateur Ronan Dantec évoque la nécessité d’un nouveau paysage politique, moins structuré par des écuries.
De leur côté, certains proches de Marine Tondelier pensent que Yannick Jadot s’ennuie au Sénat et que Raphaël Glucksmann, qui affiche des ambitions présidentielles, préfère éviter la primaire.
La veille, Marine Tondelier avait elle-même proposé de créer un « socle programmatique » partagé par tous les partis participants à la primaire, avec 21 priorités, comme l’augmentation du SMIC, la hausse des salaires des enseignants ou la régularisation des travailleurs sans-papiers.
« Ce sont des propositions qui peuvent être débattues et tranchées. On peut et on doit les faire évoluer et permettre aux électeurs de gauche de trancher lors d’une primaire ouverte aux sympathisants », explique la porte-parole écologiste Aminata Niakaté.
En attendant, la direction du parti prévoit de lancer des campagnes pour encourager la primaire, dans l’espoir de faire pression sur les autres partis. Marine Tondelier a déjà reconnu que cette campagne serait « la plus importante et la plus difficile » de leur histoire.














