Bruno Retailleau défend sa proposition de loi contre « l’entrisme islamiste »
Ce mardi après-midi, Bruno Retailleau a présenté sa proposition de loi au Sénat, visant à lutter contre ce qu’il qualifie d’« entrisme islamiste » en France. Il a été accompagné dans cette démarche par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui prépare également un projet de loi sur le séparatisme.
Cette initiative, soutenue par la majorité de droite au Sénat, intervient dans un contexte où Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur et candidat à la présidentielle de 2027, souhaite mettre en avant un nouvel axe de son programme politique. La lutte contre l’islamisme politique est devenue un marqueur de son engagement.
Un discours ferme pour « réarmer l’État »
À partir de 16h00, au Palais du Luxembourg, le sénateur de Vendée a défendu un texte proposant plusieurs mesures. Ces mesures visent à faciliter la dissolution d’associations, à durcir les sanctions pour atteinte aux principes de la République, à encadrer plus strictement la construction de lieux de culte, ou encore à geler les avoirs de groupes séparatistes.
Ce projet de loi s’appuie notamment sur un rapport de Retailleau sur les Frères musulmans, publié lorsqu’il était ministre en 2025. Selon lui, il s’agit de « réarmer l’État » face à une mouvance qu’il considère comme une menace pour les institutions et la cohésion nationale.
Un contexte politique et des oppositions
Le texte est vivement critiqué par la gauche, qui le considère comme un « tract politique » et dénonce des risques d’atteinte à la Constitution. La socialiste Corinne Narassiguin a exprimé ses réserves sur la formulation du projet, tandis que le groupe socialiste a demandé au président du Sénat de saisir le Conseil d’État, ce qui a été rejeté.
Au sein du centre, certains élus restent prudents. Hervé Marseille, président du groupe centriste, estime que le texte est « votable » après plusieurs modifications en commission, mais souligne que son origine est très politique.
Le contexte du projet de loi du gouvernement
Par ailleurs, Laurent Nuñez a annoncé début avril qu’un projet de loi contre le séparatisme, plus large, était en cours d’examen. Le ministre a critiqué le projet de Retailleau, le qualifiant d’ »œuvre inachevée » et soulignant qu’il ne ciblerait pas seulement l’entrisme islamiste.
Les débats au Sénat sont également perçus comme un enjeu de pouvoir. Certains y voient une tentative de Nuñez de reprendre la main face aux initiatives parlementaires, ce qui risque d’envenimer les discussions, notamment avec la gauche, qui a déposé plusieurs motions de rejet.














