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Une usine française de batteries pour voitures électriques en difficulté

Depuis son lancement il y a trois ans, la gigafactory d’ACC dans le nord de la France rencontre de nombreuses difficultés pour atteindre ses objectifs de production. La société, cofondée par Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, tente de redresser la situation en changeant de direction.

Un changement de direction pour relancer l’activité

Yann Vincent, l’un des cofondateurs et ancien directeur général depuis 2020, a annoncé son départ à la retraite. Il a reconnu que la construction de cette usine prenait plus de temps que prévu. La société espère désormais profiter de l’arrivée d’un nouveau profil expérimenté dans l’industrie des batteries pour relancer ses activités.

Les enjeux liés à la technologie et aux délais

ACC vise à produire des batteries lithium-ion en Europe pour rivaliser avec les géants asiatiques. La gigafactory située à Billy-Berclau, dans le Pas-de-Calais, a commencé à fonctionner en 2023. Cependant, les retards accumulés ont empêché d’atteindre rapidement les cadences de production escomptées.

Les véhicules Peugeot équipés de batteries ACC, comme les modèles 3008 et 5008 avec une capacité de 97 kWh, subissent actuellement des délais de livraison allant de 9 à 12 mois. Ces délais contrastent fortement avec la rapidité de livraison observée chez la concurrence chinoise, qui expédie en quelques semaines, même en produisant à l’étranger.

Le choix technologique d’ACC joue aussi un rôle dans ces difficultés. La société a misé sur la chimie NMC (nickel-manganèse-cobalt), plus coûteuse et complexe à industrialiser que les batteries LFP (lithium-fer-phosphate) adoptées massivement par d’autres constructeurs. Maîtriser ces procédés demande du temps, comme l’a expliqué Yann Vincent, qui estime que « les concurrents chinois ont 20 ans d’avance ». L’objectif initial de rattraper ce retard en trois ans apparaît aujourd’hui très ambitieux.

Un renfort pour accélérer la production

Dans ce contexte, ACC a décidé de faire appel à Allan Swan, ancien président de Panasonic Energy USA. Il a supervisé l’ouverture de deux gigafactories américaines pour Tesla, produisant aujourd’hui des milliards de cellules par an. Son profil opérationnel, basé sur des projets concrets à grande échelle, contraste avec celui de profils plus institutionnels.

Malgré son expérience, la tâche reste difficile. ACC a déjà abandonné ses projets de construire des gigafactories en Italie et en Allemagne en février dernier, faute de visibilité suffisante. La société se concentre désormais sur son seul site français, avec pour objectif de faire monter en régime la production. La réussite de cette opération dépendra de sa capacité à faire face à un marché européen de l’électrique qui montre des signes de ralentissement et où les investisseurs sont très attentifs aux résultats.

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