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Un « changement d’échelle » dans la lutte contre le narcotrafic

Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, se rendra ce vendredi 5 juin à la prison de haute sécurité de Vendin-Le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Son objectif : présenter un nouveau plan qui marque une étape importante dans la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic.

Ce déplacement fait suite à une réunion du gouvernement la semaine dernière. Lors de cette réunion, le Premier ministre avait exprimé sa déception face aux propositions de ses ministres, estimant qu’elles n’étaient pas suffisantes. Il avait alors annoncé que l’État allait intensifier ses efforts.

Une mobilisation renforcée de l’État

Selon Matignon, cette visite intervient dans le cadre d’un effort collectif. Le gouvernement souhaite impliquer davantage ses ministres, notamment Laurent Nuñez (Intérieur) et Gérald Darmanin (Justice), qui seront présents dans le Pas-de-Calais. D’autres ministres, comme Édouard Geffray (Éducation) et Stéphanie Rist (Santé), participeront également, car la problématique comporte aussi des enjeux liés à la santé publique, à l’éducation et à la jeunesse.

Le gouvernement veut montrer qu’il passe à une nouvelle étape dans la lutte contre le narcotrafic. Il prévoit un plan avec un volet interministériel pour renforcer l’action publique, ainsi qu’un volet stratégique piloté directement par le président de la République. La semaine prochaine, ce dernier réunira les autorités compétentes pour discuter des aspects liés au renseignement, à la coopération internationale, aux douanes, à la défense et à la lutte contre les réseaux transnationaux.

Une réponse globale à la criminalité organisée

Laurent Nuñez, en première ligne sur ce dossier, a récemment insisté sur la nécessité d’une action plus globale. Il considère que cette guerre contre les narcotrafiquants ne peut pas être menée uniquement par son ministère.

Depuis le début de l’année, plusieurs meurtres liés à ces trafics ont été recensés, avec une implication croissante de mineurs, à la fois victimes et auteurs. La criminalité organisée se caractérise aujourd’hui par sa mondialisation, sa numérisation, son rajeunissement et une plus grande insouciance de la part des trafiquants.

Ce marché illégal est estimé à plus de sept milliards d’euros par an. La consommation de drogues a doublé en cinq ans, avec environ cinq millions de consommateurs de cannabis et un million de consommateurs de cocaïne chaque année. Le nombre de personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants ne cesse d’augmenter : 56 600 en 2025, contre 40 700 en 2016.

Une crise qui s’aggrave

Depuis le début de l’année, la France doit faire face à une série de violences et de morts liés au trafic. La situation est marquée par une recrudescence des meurtres, notamment impliquant des mineurs, souvent victimes ou auteurs. La criminalité organisée est également devenue plus mobile, plus numérisée, et plus audacieuse.

Ce contexte pousse le gouvernement à agir avec fermeté. La mobilisation vise à renforcer la coopération internationale, à renforcer les contrôles aux frontières et à intensifier la lutte contre les réseaux criminels transnationaux.

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