Victime maintenue au sol et pression des riverains : ce que l’on sait sur la mise en examen du maire de Plouasne
Le maire de Plouasne, Michel Daugan, a été mis en examen le mercredi 15 avril et placé en détention. Il est notamment poursuivi pour « violences volontaires ayant entraîné la mort » d’une femme de 66 ans lors d’une intervention le 7 avril. Le parquet de Saint-Malo a confirmé cette information.
Une femme de 66 ans empêchée de regagner son domicile
Le 7 avril, la victime a été empêchée, par le maire et un conseiller municipal, de retourner chez elle. Fabrice Tremel, procureur de Saint-Malo, explique qu’une vidéo montrant la déroulée des faits a été remise par un témoin. Selon cette vidéo, pendant 15 minutes, quatre personnes sont intervenues pour maintenir la femme au sol. Elles l’ont également attachée à l’aide d’une sangle et d’une corde, apportées par deux d’entre elles.
L’autopsie a conclu que le décès de la femme pourrait être lié aux violences qu’elle a subies durant cette intervention. Les éléments recueillis laissent penser à un lien possible entre ses blessures et son décès.
Le projet d’hospitalisation psychiatrique refusé
Selon le procureur, le maire et le conseiller avaient l’intention de faire hospitaliser la victime en psychiatrie, notamment à cause des troubles qu’elle aurait occasionnés dans le voisinage. Cependant, aucun arrêté municipal n’a été signé pour cette hospitalisation, et le certificat médical nécessaire n’a pas été délivré au préalable.
Plusieurs personnes en garde à vue
Le maire et son conseiller ont été mis en examen pour violences ayant entraîné la mort et arrestation arbitraire suivie de décès. Le maire a été placé en détention, tandis que le conseiller est sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre à Plouasne. Les deux autres personnes ayant apporté la corde et la sangle ont été placées en garde à vue avant d’être relâchées.
Les témoignages des habitants
Certains riverains expliquent que la victime venait régulièrement au bar PMU du village, notamment pour acheter des cigarettes ou boire un café. Christophe, le gérant, indique que ces derniers jours, elle semblait plus agressive et perturbée.
Une habitante témoigne : « On voyait qu’elle était un peu perturbée, qu’elle était plus excitée que d’habitude ».
Un autre habitant, Christian, pense que l’intervention du maire était faite dans l’intérêt de la ville, mais admet qu’il a cédé sous la pression des riverains. Jean-Claude Barbé, le deuxième adjoint, partage cette opinion, soulignant que le maire a toujours été un homme qui a réalisé de bonnes actions, mais qu’il a été influencé par la pression locale.














