Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour l’association Dons Solidaires, près de 4 millions de Français renoncent aujourd’hui à acheter des produits d’hygiène essentiels en raison de difficultés financières. Ces produits incluent le gel douche, le dentifrice, le déodorant ou encore les protections hygiéniques.
La précarité touche de plus en plus de personnes en France. Une mère de 48 ans, habitante de Montreuil, a raconté qu’elle n’avait pas pu acheter de serviettes pour sa fille lors de ses règles. Elle a alors déchiré un vieux T-shirt pour lui servir de protection jusqu’à pouvoir trouver une solution. Cette situation n’est pas isolée : selon l’étude menée en novembre 2025 auprès de 4 002 adultes, une femme sur dix utilise des alternatives aux protections menstruelles faute de moyens.
Le sondage indique que 60 % des familles monoparentales, comme celle de Nora, restreignent l’achat de produits d’hygiène pour des raisons budgétaires, contre 43 % de l’ensemble des Français. En 2025, une mère avait confié devoir réutiliser des couches pour ses enfants durant la nuit, faute de ressources suffisantes.
Une précarité qui mène à l’isolement
Les personnes en situation de pauvreté hygiénique sont souvent des travailleurs pauvres. Selon l’Ifop, un sur deux d’entre eux éprouve de l’angoisse face à ses dépenses, et 42 % ont déjà dû faire un choix entre acheter de la nourriture ou des produits d’hygiène. Ce chiffre dépasse de 26 points la moyenne nationale.
Ces difficultés entraînent aussi des comportements d’évitement. Parmi les personnes concernées, 33 % utilisent peu ou plus du tout de lessive, 24 % changent leurs sous-vêtements moins souvent, et 20 % se rendent dans des toilettes publiques faute de pouvoir acheter du papier toilette.
Le manque d’accès à ces produits a également un impact sur la vie sociale. Près de la moitié des personnes touchées (46 %) déclarent perdre confiance en elles, tandis qu’un tiers (33 %) se confinent chez elles.
À Aubervilliers, Yamina Bouadou, directrice des Restos du Coeur, constate que de plus en plus de personnes âgées réclament des couches pour adultes. Ces produits, très coûteux en supermarché, sont souvent synonymes de honte, car ces personnes « ne se sentent plus propres » et évitent de sortir.














