Laurent Nuñez dément toute intervention gouvernementale dans la prolongation du titre de séjour de Xenia Fedorova
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé ce lundi 1er juin qu’aucune intervention du gouvernement n’avait eu lieu concernant la prolongation en 2024 du titre de séjour de Xenia Fedorova. Cette femme, ancienne patronne de la chaîne russe RT en France, est régulièrement accusée d’être une voix du Kremlin dans les médias du groupe Bolloré.
Interrogé sur France Inter, Laurent Nuñez a expliqué : « Contrairement à ce qui a été sous-entendu dans un certain nombre de médias, il n’y a pas eu d’intervention. » La prolongation du titre de séjour, pour une durée de dix ans, intervient alors que Gérald Darmanin était encore ministre de la Justice.
Selon le ministre de l’Intérieur, certains titres de séjour sont renouvelés automatiquement : « Il y a des titres qui sont renouvelés de plein droit pour des étrangers qui sont en situation régulière depuis plusieurs années et qui remplissent des conditions. Il s’en délivre tous les jours. » Il a ajouté que l’administration ne pouvait refuser ces renouvellements qu’en engageant une procédure contentieuse.
Il a toutefois précisé que la détention d’un titre de séjour ne garantissait pas une immunité totale face à d’éventuelles poursuites ou remises en cause, notamment en cas de troubles à l’ordre public ou de menace pour les intérêts fondamentaux de la nation.
Les critiques autour de Xenia Fedorova
Ancienne dirigeante de RT en France, Xenia Fedorova est interdite dans l’Union européenne depuis mars 2022, suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Elle défend régulièrement, dans divers médias, les positions du Kremlin, notamment sur CNews, Europe 1, et dans une chronique du journal le JDNews.
La semaine dernière, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a évoqué les « propos très graves » de Fedorova, qui, selon elle, « inversent complètement la charge de la preuve » entre la Russie et l’Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’a également qualifiée de « propagandiste » pro-Poutine.
Malgré ces polémiques, certains dirigeants ont exprimé leur soutien. Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, a défendu la chroniqueuse en soulignant l’importance de la liberté d’expression. Il a indiqué qu’il ne considérait pas Fedorova comme un agent russe, mais comme une journaliste.
De leur côté, Arnaud Lagardère, à la tête de Lagardère Radio (qui possède Europe 1), et Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, ont publié une tribune dans le Journal du Dimanche. Ils ont déclaré ne pas approuver toutes ses positions, mais s’opposent à sa délégitimation systématique.














