Une session à l’Assemblée nationale pour renforcer la protection des personnels éducatifs
Dans un contexte marqué par une hausse des menaces et des violences à l’encontre des personnels éducatifs, l’Assemblée nationale se mobilise à partir de ce lundi. Une mission d’information est lancée pour étudier les mesures existantes et proposer de nouvelles actions afin d’assurer leur sécurité.
Ce travail est considéré comme essentiel. Six ans après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, qui a coûté la vie à Samuel Paty, et trois ans après l’assassinat de Dominique Bernard, la commission des affaires culturelles et de l’éducation du parlement veut faire un point. La mission, confiée à la députée Anne Genetet (Ensemble pour la République), doit rendre ses conclusions d’ici février 2027. Le député Thierry Tesson (Rassemblement National) en sera le rapporteur.
Les élus précisent que cette mission va évaluer les actions déjà engagées pour protéger le personnel scolaire, qu’il s’agisse de prévention, de réaction face aux menaces, ou encore d’accompagnement des victimes. L’objectif est aussi d’étudier à plus long terme la sécurisation des établissements scolaires.
Une rentrée marquée par plusieurs incidents graves
Depuis la rentrée scolaire, plusieurs menaces graves ont été signalées. À Fauga (Haute-Garonne), un père d’élève a été condamné à une prison ferme après avoir menacé de décapiter une enseignante, le 10 septembre. À Eysines (Gironde), un homme a menacé de mort la principale d’un collège et un surveillant, le 14 septembre. La même journée, la mère d’un élève a porté plainte après des menaces contre la directrice d’une école à Véron (Yonne). Enfin, à Marseille, un père d’élève a également menacé de mort le personnel d’une école maternelle.
Ces incidents sont qualifiés de « d’une extrême gravité » par le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray. Ils ne constituent pas des cas isolés. Selon les chiffres du ministère, les incidents graves – agressions physiques, vols, menaces verbales – ont augmenté depuis deux décennies, avec une hausse notable en 2023-2024.
Une note statistique publiée en février indique que, en 2024-2025, on a enregistré en moyenne quatre incidents graves pour 1 000 élèves dans les écoles primaires. La majorité de ces actes concernent des violences verbales (45%), souvent commises par des membres des familles, et touchent principalement le personnel éducatif (61%).














