Face au « grand désarroi » de la jeunesse, l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne a proposé une mesure forte : la création d’une « allocation temporaire » destinée aux jeunes diplômés en difficulté. Dévoilée dans une interview au quotidien Le Parisien, cette proposition vise à instaurer un filet de sécurité financière durant la période charnière, souvent précaire, qui sépare la fin des études de l’entrée dans la vie active.
L’idée est de verser une aide « de l’ordre de 500 euros par mois » pendant une durée pouvant aller jusqu’à un an. Ce soutien ne serait pas universel mais conditionné, conçu pour accompagner spécifiquement ceux qui peinent à trouver leur premier emploi. L’objectif est clair : « sécuriser ces jeunes dans cette période », explique l’élue du Calvados, soulignant qu’à l’obtention de leur diplôme, ils ne bénéficient plus « ni bourse ni revenu ».
Pour qui et comment ?
Cette aide s’adresserait à « tout jeune diplômé en difficulté », mais son attribution serait soumise à deux conditions cumulatives. D’une part, des conditions de ressources, dont le barème reste à définir, permettraient de cibler les profils les plus fragiles financièrement. D’autre part, les bénéficiaires devraient justifier d’une recherche active d’emploi, ce qui positionne cette allocation comme un tremplin vers l’insertion professionnelle plutôt qu’une simple prestation sociale.
La logique derrière cette proposition est de construire un pont entre le statut d’étudiant et celui de salarié. Pour Elisabeth Borne, il s’agit d’une évolution nécessaire de notre pacte social. « On ne doit plus se contenter de donner un diplôme, mais accompagner les jeunes jusqu’à leur insertion dans la vie professionnelle », insiste l’ancienne locataire de Matignon.
Un accompagnement au-delà de l’aide financière
La proposition ne se limite pas à un soutien financier. Elle envisage un dispositif plus global, incluant un « maintien de droits étudiants ». Concrètement, cela pourrait se traduire par la possibilité pour ces jeunes diplômés de continuer à bénéficier de services comme l’accès à un restaurant universitaire, et d’une aide matérielle non négligeable pour préserver leur pouvoir d’achat.
Par ailleurs, pour renforcer l’employabilité, elle suggère de faciliter la reprise de formation, notamment via le Compte personnel de formation (CPF). L’idée est de permettre aux jeunes de « compléter les compétences initiales » acquises lors de leur cursus, afin de mieux répondre aux attentes du marché du travail.
Pourquoi cette proposition arrive-t-elle maintenant ?
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de mobilisation de la jeunesse et de questionnements sur son avenir. L’ex-Première ministre estime qu’il est temps de « totalement revoir le contrat entre la nation et la jeunesse » et souhaite « porter des idées au débat ». Sans commenter directement les mesures gouvernementales, elle juge que des transformations plus structurelles sont nécessaires.
Face à une situation qu’elle juge préoccupante, elle affirme que « la jeunesse a raison de nous alerter ». Cette proposition se veut donc une réponse concrète à une angoisse palpable, une manière de reconnaître les difficultés rencontrées par la nouvelle génération et d’y apporter une première ébauche de solution.














