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Les chiffres du premier trimestre dévoilés en pleine crise géopolitique

Ce jeudi 30 avril, l’Insee doit publier les données sur la croissance et l’inflation en France pour le premier trimestre 2026. Ces chiffres sont très attendus, alors que l’incertitude économique est exacerbée par la guerre au Moyen-Orient.

Une croissance en question

La publication de ces indicateurs donne un aperçu de la santé économique du pays. Certains économistes estiment que la croissance pourrait être robuste, malgré la montée des prix liée au conflit. D’autres pensent que l’économie française était déjà en difficulté avant même le début de la guerre.

Le gouvernement a récemment revu à la baisse sa prévision de croissance annuelle, passant de 1% initialement prévu à 0,9%. Cette nouvelle projection reste alignée avec celles de la Banque de France, du Fonds monétaire international et du consensus des économistes privés. Selon le ministre de l’Économie, Roland Lescure, cette révision s’explique par un ralentissement de la demande intérieure, affectée par l’inflation et l’incertitude croissante.

Une inflation en hausse, mais un impact limité sur les entreprises

Les prix à la consommation ont augmenté, passant de 0,9% en février à 1,7% en mars, principalement à cause des hydrocarbures. Le gouvernement prévoit désormais une inflation annuelle de 1,9%, contre 1,3% auparavant. Cette hausse incite à la prudence chez les acteurs économiques, car une inflation élevée entraîne souvent une hausse des taux d’intérêt.

Malgré cette situation, la Banque de France estime que l’impact de la guerre sur les entreprises devrait rester limité. Elle anticipe une croissance du PIB de l’ordre de 0,3% pour le deuxième trimestre. De son côté, l’Insee reste prudente et prévoit une croissance plus faible, de seulement 0,2% pour les deux premiers trimestres, en raison de la baisse de confiance des ménages et de leur consommation.

Une consommation en difficulté et un deuxième trimestre déjà affecté

En février, la consommation des ménages, qui représente un quart du PIB, a reculé de 1,4%, atteignant son plus bas niveau depuis dix ans hors contexte Covid. La confiance des ménages s’est fortement dégradée en avril, retrouvant son niveau de juillet 2024, après la dissolution politique. La hausse des prix de l’énergie pèse lourdement sur leur comportement d’achat.

Selon Cédric Audenis, de l’Insee, la croissance se poursuit mais de manière plus modérée. La contribution du commerce extérieur a été positive, mais limitée, car une partie des exportations concernait des stocks existants. Le deuxième trimestre semble déjà affecté par la guerre, avec un climat des affaires qui s’est nettement détérioré en avril. La confiance des ménages continue de baisser, ce qui pourrait freiner davantage la croissance si le conflit s’aggravait.

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