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Andréa Bescond dénonce le manque de financement pour la justice et l’abandon des services publics

Interrogée sur l’affaire Lyhanna sur BFMTV ce dimanche, la militante Andréa Bescond a exprimé sa frustration face à ce qu’elle qualifie d’« abandon » des services publics. Elle a également appelé à adopter la « loi intégrale » soutenue par une partie de la gauche, en insistant sur le montant du budget demandé, jugé insuffisant.

Depuis plusieurs jours, Andréa Bescond ne cesse de rappeler que « Lyhanna est l’injustice de trop ». Ce dimanche, elle a encore dénoncé le mauvais traitement réservé aux victimes de violences sexuelles sur mineurs par les institutions. Selon elle, il existe des solutions efficaces pour lutter contre la pédocriminalité, à condition d’y allouer les moyens financiers nécessaires.

Elle réclame l’adoption de la « loi intégrale » élaborée par une coalition de 150 associations. Elle souhaite également que cette loi bénéficie d’un budget total de 2,5 milliards d’euros. Portée par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, cette loi prévoit notamment des mesures de prévention, ainsi que l’audition systématique des victimes et des suspects, sans délai.

Un budget jugé « dérisoire » par Andréa Bescond

La réalisatrice du film Les Chatouilles et militante engagée contre la pédocriminalité affirme qu’il est impossible d’adopter des lois sans leur consacrer des moyens financiers. Elle dénonce notamment le projet de loi actuel, porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui prévoit un budget de 12 millions d’euros. Pour elle, cette somme est « dérisoire » et « indécente ».

Elle estime que ce budget est totalement insuffisant pour assurer la protection de l’enfance. Elle déplore que, avec une telle allocation, il sera difficile de faire face aux enjeux, et que d’autres cas similaires à Lyhanna continueront à se produire dans l’avenir.

Appel à renforcer la prévention et la détection

Andréa Bescond critique le manque de mesures concrètes en matière de prévention. Selon elle, il n’y a pas assez d’actions pour détecter les abus ou éduquer en amont. Elle souligne que ces mesures, peu coûteuses, pourraient pourtant faire une différence si elles étaient réellement mises en œuvre.

Elle déplore également l’état des services publics chargés de la protection des enfants. Selon elle, des magistrats, gendarmes et policiers sont débordés par le nombre de dossiers. Ils doivent hiérarchiser leur travail faute de temps et de ressources suffisantes.

Une meilleure prise en compte de la parole des enfants

Andréa Bescond, comme Nathalie Bucquet, avocate de l’association Innocence en Danger, demande à ce que la parole des enfants soit mieux entendue, notamment dans le cadre des enquêtes pour abus sexuels. Elle souhaite appliquer le protocole NICHD, qui consiste à interroger l’enfant avec des questions ouvertes afin de recueillir des éléments fiables pour l’enquête.

Elle insiste sur l’importance de recueillir la parole des victimes, principalement dans des milieux fermés, pour mieux lutter contre la pédocriminalité et éviter que de nouvelles affaires comme Lyhanna ne se répètent.

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