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Sous les eaux troubles de la baie d’Aarhus, au nord du Danemark, des plongeurs explorent une rangée de pieux en bois à près de 8 mètres de profondeur. Ces vestiges appartiennent à un village mésolithique englouti, daté d’il y a environ 8 500 ans. L’archéologue sous-marin Peter Moe Astrup qualifie ce site de « capsule temporelle ». Bois, os et noisettes apparaissent dans la vase comme si les habitants venaient tout juste de quitter les lieux.

Ce campement de l’Âge de pierre a été découvert dans le cadre d’un projet international de six ans, financé par l’Union européenne à hauteur de 15,5 millions de dollars (environ 14,3 millions d’euros). L’objectif est de cartographier les fonds marins de la mer Baltique et de la mer du Nord. Selon le quotidien 20 Minutes, cette exploration offre aux scientifiques un aperçu rare de la vie quotidienne au Mésolithique, ainsi qu’un témoignage direct de la montée rapide du niveau de la mer après la dernière période glaciaire.

Un village englouti dans la baie d’Aarhus

Situé au large de la ville d’Aarhus, la deuxième plus grande ville du Danemark, le site se trouvait autrefois sur le littoral. À cette époque, la communauté vivait sur une côte aujourd’hui submergée. Un village mésolithique englouti désigne un habitat de chasseurs-cueilleurs installé sur une ancienne plage qui a été recouverte par la mer. Au fil des millénaires, la ligne de rivage s’est déplacée, plaçant le site actuel à environ 8 mètres sous la surface de l’eau.

Les études géologiques montrent qu’après la dernière ère glaciaire, la fonte des calottes polaires a entraîné une hausse du niveau de la mer d’environ 2 mètres par siècle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit encore une montée importante des océans d’ici 2100. Le village d’Aarhus illustre concrètement ces transformations, un phénomène qui concerne aujourd’hui des millions de riverains des côtes.

Une conservation exceptionnelle grâce à l’absence d’oxygène

Les archéologues sont particulièrement impressionnés par l’état de conservation du site. Peter Moe Astrup explique que c’est comme une « capsule temporelle ». Lors de la montée du niveau de la mer, tout a été préservé dans un environnement sans oxygène, ce qui a arrêté le processus de décomposition. La vase et l’eau froide ont isolé le site de l’oxygène, ralentissant fortement la dégradation des matières organiques. Sur un site terrestre, bois, graines ou os fins disparaîtraient en quelques siècles. Ici, ils sont restés intacts pendant 8 500 ans.

Les premières fouilles, menées jusqu’en septembre 2025, ont déjà permis de récupérer de nombreux objets rares pour un site aussi ancien, comme le détaille Futura-Sciences :

  • Os d’animaux
  • Outils en pierre et pointes de flèche
  • Dent de phoque
  • Morceau de bois travaillé
  • Noisettes préservées

Ces vestiges donnent un aperçu de la vie d’un campement côtier, axé sur la chasse, la pêche et la collecte. Ils offrent également aux chercheurs des matériaux fragiles généralement difficiles à conserver sur de telles périodes.

Fouilles sous-marines et recherche sur les littoraux anciens

Le programme SUBNORDICA, coordonné depuis Aarhus, s’intéresse à ces anciens paysages côtiers aujourd’hui submergés. L’équipe réalise des cartographies du fond marin, repère les anciennes berges, puis prélève sédiments et objets lors de plongées ciblées pour étude en laboratoire. En suivant l’histoire de ce village englouti, les chercheurs mettent en lumière des communautés du Mésolithique peu visibles dans les archives classiques. En retraçant l’évolution de ce site face à la montée des eaux, ils documentent la manière dont ces groupes humains ont adapté leurs territoires au fil des millénaires.

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