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Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN), se rend à Nîmes ce mardi 3 mars pour soutenir la campagne du parti. Son objectif est de déloger la majorité de droite, en place à la mairie depuis près de 25 ans, et d’espérer une victoire lors des municipales.

Le déplacement intervient après celui de Bruno Retailleau dans la même ville, dans le but de relancer la dynamique du RN. Bardella soutient notamment Julien Sanchez, député européen et directeur de campagne pour ces élections. La formation de Marine Le Pen mise beaucoup d’espoirs sur ces municipales.

Les chances du RN à Nîmes

Pour l’instant, la victoire du RN paraît difficile. Selon un sondage Ifop réalisé en février pour Midi Libre, Julien Sanchez recueille 21 % des intentions de vote au premier tour. Il ne serait crédité que de 25 % au second tour, derrière le candidat communiste Vincent Bouget, qui semble en position de favori. Ce dernier a réussi à rassembler une majorité à gauche, sauf parmi les insoumis.

Jordan Bardella ne viendrait pas s’il ne se disait pas qu’il y a une carte à jouer, c’est certain. Et une victoire à Nîmes, ce serait quand même une sacrée claque pour la droite. Ça ne nous déplairait pas

Certains membres du RN pensent néanmoins qu’il existe une réelle opportunité. Un élu RN confie que Bardella voit dans cette campagne une possibilité de faire un coup et que remporter Nîmes serait une grande défaite pour la droite. Le député Alexandre Allegret-Pilot partage cet optimisme, estimant que leur campagne a une vraie chance de succès malgré la difficulté.

Le contexte local et l’histoire politique de Nîmes

Le Gard est devenu une région où le RN progresse rapidement. En 2024, le département ne compte plus que des députés issus de la majorité présidentielle ou de l’extrême droite. La ville de Nîmes, ancienne bastion communiste puis socialiste, a été dirigée par la gauche jusqu’en 2001. Depuis, la majorité est à droite, mais la gauche reste présente dans de nombreux quartiers.

Malgré cette histoire, la ville a voté massivement pour le Nouveau Front populaire en 2024, lors des élections législatives d’union à gauche. Cependant, ce sont surtout les communes environnantes qui ont permis à l’extrême droite de progresser dans la région.

Pour le RN, cette situation ne décourage pas. La victoire à Nîmes pourrait aussi signifier la fin de la dernière grande ville de plus de 100 000 habitants contrôlée par la droite dans la région.

Sa venue sur place montre bien qu’il veut nationaliser la campagne à Nîmes et que son seul but est de remplacer les LR locaux

Les divisions à droite et leurs conséquences

La droite locale est en pleine dispersion. Le maire sortant, Jean-Paul Fournier, ne se représente pas, ce qui fragilise la majorité. Deux candidats se disputent désormais la mairie : Franck Proust, soutenu par Les Républicains (LR), et Julien Plantier, ancien premier adjoint au maire, qui s’est allié avec la candidate macroniste Valérie Rouverand. La division affaiblit la droite, qui voit ses intentions de vote se répartir.

Dans un sondage, Franck Proust obtient 23 % des intentions, tandis que Julien Plantier en recueille 15 %. La somme des voix de droite dépasse celle de Julien Sanchez, mais elles sont dispersées. Une ancienne adjointe LR, Monique Boissière, a aussi rejoint la liste de Sanchez, ce qui révèle les divisions internes.

Ce contexte pourrait favoriser la gauche. Le candidat communiste, déjà en tête au premier tour avec 30 %, est considéré comme favori pour la victoire finale, avec une projection à 37 % au second tour.

Une possible union des droites

Face à cette situation, le RN et certains responsables de droite envisagent une alliance au second tour pour contrer la gauche. Bruno Retailleau, lors de sa visite début février, n’a pas exclu cette possibilité. Il insiste sur le fait qu’il serait une erreur historique de laisser la gauche prendre Nîmes.

Des rapprochements locaux ont déjà eu lieu dans d’autres villes, comme Bourg-en-Bresse, Tarbes ou Béziers. La question demeure : un accord officiel au niveau national est-il envisageable ?

En dépit de son passé communiste et socialiste, Nîmes a montré une attache forte à la gauche ces dernières années. La ville a aussi un tissu social où un vote pour le RN reste difficile dans plusieurs quartiers, ce qui limite ses chances pour l’instant.

Nîmes n’a jamais été une terre proche de l’extrême droite et il y a beaucoup de quartiers très populaires dans lesquels un vote pour le RN est impossible

Certains responsables du RN regrettent que leur campagne ait été lancée tardivement et qu’ils n’aient pas réussi à dépasser leur image de parachutés. Cependant, le parti reste confiant dans ses chances, notamment à Marseille et Toulon, où la victoire semble plus accessible.

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