PARTAGER

Un vote serré et des tensions en coulisses

Le vote du rapport sur l’audiovisuel public a été très disputé. Il s’est terminé avec une majorité fragile et a été marqué par des tensions importantes. Peu après son adoption, Charles Alloncle a décidé de révéler ce qui s’était réellement passé en coulisses. Ses déclarations changent la perception de cet épisode politique.

Ce rapport, attendu depuis longtemps, repose sur six mois de travaux. Il porte sur la « neutralité et le financement » de l’audiovisuel public. Derrière cette problématique sensible, se cache une enquête parlementaire inédite, dont l’issue était encore incertaine jusqu’au dernier moment.

Le vote n’a pas été facile. Pour faire adopter son texte, Charles Alloncle affirme avoir dû faire face à de fortes pressions politiques. Invité sur Europe 1, il a raconté qu’il a dû, pour obtenir l’abstention de certains députés macronistes, retirer certains éléments de son rapport. Il confie avoir reçu un chantage : des députés lui auraient dit qu’il ne pouvait pas remettre en cause l’impartialité de la présidente de l’Assemblée nationale, en lui demandant de supprimer une intervention de cette dernière sur France Inter, faite le matin de l’audition.

Des révélations qui font réagir

Ces déclarations ont rapidement provoqué l’indignation. Elles suggèrent que le contenu du rapport aurait été modifié pour obtenir un compromis politique. Autrement dit, certains éléments auraient été retirés non pour des raisons de fond, mais pour éviter un blocage lors du vote.

Ce mode de fonctionnement soulève des interrogations. Depuis le début de cette commission, les tensions n’ont cessé de croître. Charles Alloncle évoquait déjà des pressions lors de ses investigations, notamment sur les flux financiers et les liens entre l’audiovisuel public et des sociétés de production. Ces sujets sont particulièrement sensibles et explosifs.

La réponse de la présidente de l’Assemblée nationale

Yaël Braun-Pivet a réagi le 27 avril 2026, lors d’une interview sur Europe 1. Elle a indiqué que Charles Alloncle avait été « un peu trop dans la lumière » en dénonçant ces pressions. La présidente de l’Assemblée nationale a rappelé que le travail parlementaire doit rester concentré et ne pas être entaché par des expositions médiatiques excessives.

Interrogée sur les limites à ne pas franchir, elle a précisé que si ce n’est pas interdit de parler aux médias, il est en revanche interdit de divulguer des informations confidentielles. Elle a aussi souligné que faire une annonce aux médias avant de l’annoncer à l’Assemblée n’est pas respectueux de cette institution. Elle a rappelé avoir rappelé à l’ordre certains rapporteurs et parlementaires dans ce contexte.

LAISSER UN COMMENTAIRE