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Une séance tendue à l’Assemblée nationale à cause du mouvement lycéen

Ce mardi, l’Assemblée nationale a été le théâtre de débats houleux autour du mouvement de blocages dans les lycées. La mobilisation des élèves, qui a conduit à de nombreux blocus dans plusieurs établissements, a été au centre des questions au gouvernement.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a vivement échangé avec certains présidents de groupes parlementaires, notamment la députée de La France insoumise Mathilde Panot. Il l’a accusée d’avoir un « projet politique de bordéliser le pays ». La séance a été marquée par une ambiance particulièrement tendue.

Après un hommage à Edouard Balladur, ancien Premier ministre récemment décédé, les parlementaires ont interrogé les ministres sur la situation dans les lycées. Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons, a dénoncé une « casse du service public » et a insisté sur la nécessité de rétablir l’ordre. Il a également accusé La France insoumise d’avoir instrumentalisé ce mouvement.

Violences et critiques envers le gouvernement

Le Premier ministre a dénoncé des violences commises à l’encontre des personnels éducatifs. Il a indiqué que 85 personnes, dont 34 proviseurs ou leurs adjoints, ont été blessées lors des blocages. Il a qualifié ces violences d’« ultraviolence » ayant frappé notamment l’entrée des lycées.

Sébastien Lecornu a aussi reproché à certains membres de La France insoumise leur position dans ce contexte. Il a dénoncé une situation politique grave, où une « classe politique lâche » aurait alimenté les tensions.

Blocus des lycées : « C’est le bilan le plus lourd depuis des décennies dans l’Education nationale, en nombre d’agents publics blessés », a déclaré le Premier ministre lors de la séance.

Les échanges avec la gauche

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, a critiqué la gestion du gouvernement, parlant de « répression sauvage » contre les lycéens. Elle a dénoncé une brutalité envers la jeunesse et a affirmé que le gouvernement devait assumer ses responsabilités jusqu’à la fin de son mandat.

Les débats ont aussi été l’occasion pour Sébastien Lecornu de répondre à des accusations concernant La France insoumise. Il a évoqué notamment l’affaire des assistants parlementaires du député Raphaël Arnault, mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs.

« Mentir sur l’action du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement », a-t-il lancé, tout en reconnaissant certains « accidents » liés à la mobilisation.

Ce ton a provoqué la colère de certains députés, comme Benjamin Lucas-Lundy, qui a appelé à la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

Une volonté d’apaiser la crise

Malgré la tension, le Premier ministre a montré une certaine ouverture. Lors d’un autre échange avec Stéphane Peu, député communiste, il a assuré que le gouvernement « prendra en compte les revendications des lycéens » et qu’il ferait « tout ce qu’il peut » pour y répondre.

Sébat après débat, il a annoncé la suspension des cours dans les lycées du mercredi au vendredi pour permettre aux établissements d’organiser un « temps de démocratie interne » avec les élèves. La mobilisation des lycéens s’est aussi traduite par une manifestation dans la capitale, avec des milliers de jeunes, accompagnés de parents, d’enseignants et de syndicalistes, pour réclamer davantage de moyens pour l’éducation.

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