Plainte de six détenus pour violences et harcèlement moral à Condé-sur-Sarthe
Six détenus de la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe, située dans l’Orne, ont porté plainte contre la direction de l’établissement. Ils accusent la prison de violences et de harcèlement moral.
Une enquête a été ouverte suite à cette plainte, selon le parquet. Elle est en cours au commissariat d’Alençon. La procureure de la République, Gwenaelle Coto, a confirmé que des investigations étaient en cours.
Les accusations des détenus
Les détenus dénoncent des pratiques visant à humilier et déshumaniser les personnes incarcérées dans le quartier dédié à la lutte contre la criminalité organisée (QLCO). Selon leur plainte, ces actions ont pour but de briser leur résistance.
La prison de Condé-sur-Sarthe dispose de ce type de quartier depuis octobre 2025. Ces quartiers spéciaux ont été créés en France après la loi contre le narcotrafic, et sont inspirés de méthodes de lutte antimafia, notamment en Italie.
Le gouvernement affirme que le régime QLCO a été validé par le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel. La Chancellerie précise que cette mesure a été adoptée par une large majorité au Parlement.
Le ministère de la Justice indique qu’à leur connaissance, aucune plainte n’a été remontée par des avocats concernant la prison de Condé-sur-Sarthe. Il ajoute que le cadre est similaire à celui de Vendin-le-Vieil, où aucun manquement n’a été signalé. La justice étudiera les suites à donner.
Conditions de détention dénoncées
Les détenus portent plainte contre des fouilles à nu systématiques, un accès à la promenade soumis à la décision des surveillants, et un manque d’activités. Certains déplorent la présence constante de gardiens cagoulés, qui les intimident.
Ils dénoncent également des brimades quotidiennes, comme le fait de se faire palper lors des visites, y compris pour les enfants. Selon eux, ces pratiques transforment le droit de visite en une expérience dégradante.
Les détenus, qui sont pour la plupart mis en examen ou condamnés pour trafic de stupéfiants ou autres infractions, souhaitent que ces conditions soient mieux contrôlées. Leur avocate, Me Marie Violleau, a salué l’ouverture de l’enquête. Elle voit cela comme une opportunité pour la justice de mieux surveiller ces pratiques, souvent considérées comme opaques.
Elle a également souligné qu’il sera difficile pour la justice de pénétrer dans cet environnement fermé, mais que cette investigation est essentielle pour faire respecter l’État de droit.














