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Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé qu’il souhaitait renforcer la lutte contre la consommation de drogues au sein de l’administration. Il demande à ses ministres d’organiser des tests de dépistage inopinés auprès de leurs collaborateurs, notamment ceux ayant accès à des informations sensibles ou travaillant dans des secteurs comme la défense ou la sécurité.

Ces dépistages, réalisés par des tests salivaires, seraient obligatoires et ciblent les hauts fonctionnaires, conseillers et agents. La mesure vise à détecter d’éventuelles consommations de stupéfiants qui pourraient mettre en danger la sécurité de l’Etat ou rendre certains agents vulnérables face à des groupes de pression ou des réseaux criminels.

Des tests déjà en place

Le Premier ministre a lui-même effectué un test surprise récemment, à son retour de week-end, pour donner l’exemple. À terme, il envisage d’étendre cette pratique à des recrutements, des nominations ou des contrôles sur des agents titulaires. Les personnes testées positives pourraient faire l’objet de sanctions disciplinaires, d’injonctions de soins ou de révocations.

Selon le journal Le Parisien, Sébastien Lecornu souhaite également instaurer ces contrôles dans le secteur privé, notamment lors de l’embauche ou de contrôles réguliers, avec des sanctions possibles comme le blâme ou le licenciement. Certaines professions, comme le BTP ou les transports, ont déjà adopté ce type de mesures.

Les réactions sur le terrain

Cette initiative ne fait pas l’unanimité. Sur le plateau d’Estelle Midi, Fred Hermel critique cette idée en affirmant que ce n’est pas aux entreprises privées de jouer le rôle de la police. Selon lui, c’est à la police de réaliser ces contrôles. Il ajoute que faire des tests de dépistage relève de la loi quand il s’agit de salariés, mais que demander aux entreprises de le faire aussi soulève des questions démocratiques.

Plusieurs salariés ou experts soulignent que la consommation de stupéfiants constitue une infraction pénale. Selon l’avocate Yaël Mellul, il serait même légitime pour un employeur de faire des tests à l’embauche pour éviter d’intégrer des personnes sous influence. Elle insiste sur la nécessité d’être « radical » face à ce problème, notamment dans la fonction publique et au Parlement.

Les mesures déjà en place dans certains secteurs

Plusieurs entreprises ont déjà recours à des tests de dépistage, souvent à titre préventif. Par exemple, chez Bouygues Construction ou dans une filiale de Veolia, des contrôles réguliers sont réalisés, notamment pour éviter des accidents ou pour des raisons de sécurité, en particulier pour ceux qui conduisent.

Les contrôles sont généralement inopinés, réalisés le matin à l’embauche ou lors du retour au dépôt, et concernent l’alcool comme les drogues. Si un résultat positif est obtenu, le salarié peut être mis à pied ou licencié pour faute grave. Cependant, ces résultats ne sont pas systématiquement dénoncés aux autorités.

Les limites et controverses

Certains experts ou anciens salariés dénoncent que ces tests, notamment pour le cannabis, peuvent donner des résultats positifs plusieurs jours après la consommation, même si la personne n’est plus sous influence. Selon Drogue Info Service, la présence de THC dans la salive peut durer de 6 à 8 heures pour un usager occasionnel, jusqu’à 24 heures pour un usager régulier, voire 8 jours pour un consommateur quotidien.

Des témoignages évoquent également le fait que des tests positifs à cause de l’usage de CBD ou de la consommation dans un pays où c’est légal peuvent poser problème. Certains critiquent aussi la difficulté d’établir une frontière claire entre consommation personnelle et impact sur le travail.

Enfin, des cas de membres de cabinets ministériels ou d’autres autorités ayant été contrôlés positifs ou exfiltrés pour consommation de drogue ont été rapportés, alimentant le débat sur la nécessité de contrôles renforcés.

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