Un nouveau projet de loi pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme
Ce jeudi 9 juillet, le gouvernement a présenté en Conseil des ministres un nouveau projet de loi destiné à renforcer la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Ce texte prévoit notamment d’élargir le délit de négationnisme et d’introduire une peine d’inéligibilité pour certaines infractions.
Ce projet intervient après le retrait, en avril dernier, d’une proposition de loi très contestée proposée par la députée macroniste Caroline Yadan. Annoncé initialement pour le 1er juillet, le texte a été reporté et est maintenant présenté par la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.
Lors d’une déclaration fin juin devant l’association Les amis du Crif, la ministre a indiqué que le texte serait d’abord examiné au Sénat, puis à l’Assemblée nationale, avec pour objectif d’accélérer le processus législatif. Elle a aussi souligné l’importance de mieux protéger les victimes, notamment en renforçant le pouvoir des associations pouvant désormais porter plainte directement avec leur accord.
Des mesures renforcées pour lutter contre les infractions
Le projet de loi prévoit des sanctions plus sévères pour les auteurs d’actes racistes ou antisémites. Parmi ces mesures, il permettrait aux magistrats de demander un mandat de dépôt ou d’arrêt contre les multirécidivistes, afin d’éviter qu’ils ne se réfugient à l’étranger.
Il introduit également une peine d’inéligibilité pour les élus condamnés pour ces infractions, une proposition inspirée par Emmanuel Macron. Avec ses 10 articles, le texte reprend plusieurs éléments de la loi Yadan, comme l’élargissement de la constitution de partie civile aux associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, ainsi que l’extension du délit de négationnisme.
La ministre a affirmé que cette nouvelle législation comblerait certaines lacunes de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Elle a notamment déclaré qu’ « avec ce nouveau texte, plus personne ne pourra nier un crime contre l’humanité ».
Une volonté de consensus et de protection accrue
Souhaitant obtenir le soutien de l’ensemble des partis politiques, Aurore Bergé a indiqué ne pas voir « quel serait l’argument pour refuser de mieux protéger les victimes et de mieux sanctionner les auteurs ».














