Une enquête ouverte après plusieurs suicides et tentatives à Matignon
Une plainte a été déposée auprès du parquet de Paris concernant des faits de harcèlement moral et de mise en danger d’autrui au sein des services du Premier ministre. Ce signalement, effectué le 25 juin 2026 par un représentant du personnel, évoque une dégradation de l’atmosphère de travail à Matignon et parle d’une « situation de harcèlement moral institutionnel présumé ».
Entre octobre 2025 et avril 2026, deux salariées de Matignon ont tenté de se suicider, et deux autres ont mis fin à leurs jours. Ces événements ont été révélés par la plainte, qui mentionne notamment le cas d’une fonctionnaire du service de la correspondance du Premier ministre, qui en avril 2026 a tenté de se suicider après 16 mois de souffrance au travail. Elle a été retrouvée par un usager alors qu’elle s’apprêtait à se jeter sous un train.
Les conditions de travail dénoncées
Cette agente, employée depuis 2022, aurait été « invisibilisée », ne plus conviée aux réunions et même retirée de l’organigramme, selon son avocate. Elle aurait été moquée et exclue, isolée dans un bureau au sous-sol. Malgré de nombreux signalements auprès de sa hiérarchie, du médecin du travail ou du dispositif Vigisouffrance, elle n’a pas été entendue.
Une série de suicides et tentatives alarmantes
Un autre cas notable concerne une agente de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), qui a tenté de se suicider en se taillant la gorge avec un cutter en avril 2025. La plainte précise que plusieurs autres personnes travaillant à Matignon ont aussi été victimes de souffrance psychologique grave. En mars 2026, un chargé de projet du Secrétariat général pour l’investissement s’est suicidé à son domicile après un entretien difficile avec son supérieur. Quelques jours plus tard, un agent du Secrétariat général du gouvernement (SGG), âgé de 59 ans, s’est jeté sous un train dans le Val-d’Oise, dans un contexte de détresse lié au travail.
Selon nos sources, l’ensemble des 3450 employés de Matignon ne seraient pas tous directement concernés par ces drames, mais ces incidents soulignent une ambiance particulièrement difficile dans certains services.
Une réponse judiciaire en cours
Le signalement a conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire. La déclenchement de l’article 40 du code de procédure pénale a été effectué par un représentant du personnel, obligeant toute personne ayant connaissance d’un crime ou d’un délit à en faire rapport au procureur de la République. La justice cherche désormais à faire toute la lumière sur ces événements.














