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Mathilde Panot réclame la démission de Laurent Nuñez face à la répression contre les lycéens

La députée de La France insoumise, Mathilde Panot, a appelé ce mardi 6 octobre à la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Elle l’accuse de permettre une répression « jamais vue » à l’encontre des lycéens lors des manifestations.

Lors d’un point presse, elle a dénoncé une violence inacceptable. « La France est le seul pays européen où des enfants peuvent être mutilés simplement parce qu’ils manifestent pour un avenir meilleur et des conditions d’éducation dignes », a-t-elle déclaré.

Elle a aussi critiqué la position du ministre, qui affirme qu’il n’y a eu « aucune consigne de retenue » et que les forces de sécurité ont utilisé « tout l’armement à disposition ». Selon elle, cela revient à autoriser le pire : « des enfants mutilés par la police ». La députée insiste : « Lorsque vous avez un ministre de l’Intérieur qui dit cela, il se déshonore et doit démissionner. »

Par « le pire », elle fait référence à des incidents graves, comme la perte d’un œil par un lycéen à Tours la semaine dernière ou la main arrachée d’un adolescent à Lens lundi, suite à l’utilisation de grenades par la police.

Mathilde Panot critique également la réponse du gouvernement face aux revendications des lycéens. Elle dénonce notamment la réaction de Sébastien Lecornu, qu’elle juge honteuse.

Elle évoque aussi le budget de l’État. « Le gouvernement prétend que le budget augmente de 1,2 milliard d’euros, mais en réalité, il baisse de 560 millions d’euros pour les collèges et lycées, en tenant compte de l’inflation », explique-t-elle. Elle rappelle en outre que 1 590 postes de professeurs devraient être supprimés dans le cadre du prochain budget, ce qu’elle qualifie d’« absolument scandaleux ».

Pour elle, la responsabilité de cette crise ne revient pas à La France insoumise, mais à Emmanuel Macron et à la politique de dégradation de l’Éducation nationale menée depuis neuf ans.

Une mobilisation lycéenne fortement encadrée par les forces de l’ordre

Le mouvement lycéen, qui dénonce notamment l’insalubrité des bâtiments, des emplois du temps surchargés, le non-remplacement des professeurs ou encore les inégalités liées à Parcoursup, a débuté à Créteil mi-septembre. Il s’est ensuite étendu à plusieurs villes de France.

Ce mardi, des dizaines de milliers de personnes, incluant lycéens, parents, enseignants et syndicalistes, manifestent lors de ce qu’ils appellent « l’acte III » du mouvement. La mobilisation est surveillée de près par les autorités, après plusieurs jours de tensions et d’affrontements.

Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés. Selon le gouvernement, la majorité de ces blessures sont dues à des accidents ou à des attaques extérieures.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a exprimé sa « vive inquiétude » face à ce qu’elle considère comme un « recours disproportionné à la force » par les forces de l’ordre.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, affirme que les interventions policières ont été effectuées « dans la plus grande proportionnalité ».

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