Le moment de la grande clarification
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé ce mercredi 15 avril qu’il était prêt à faire des compromis avec la « gauche républicaine » pour éviter de s’allier avec le Rassemblement national (RN). Cette déclaration intervient dans un contexte de fragmentation politique à l’Assemblée nationale.
Lors des questions au gouvernement au Sénat, Sébastien Lecornu a expliqué qu’il assumait de travailler avec la gauche républicaine, tout en interrogeant les sénateurs sur leur position face au RN.
« Il est vrai qu’il y a une réalité, cette Assemblée nationale ce sont les Français qui l’ont choisie. On est des démocrates, on peut penser ce qu’on veut de la dissolution, mais l’Assemblée est là ».
Sébastien Lecornu « assume de choisir »
Le ministre a ensuite pris la parole pour souligner qu’on lui reprochait souvent de collaborer avec la gauche républicaine. Il a rappelé son passé politique, en précisant qu’il était de droite et ancien adhérent des Républicains, groupe dont il a été exclu en 2017.
Il a expliqué sa position en ces termes : si les responsables de la droite républicaine doivent choisir, ils ont deux options. La première consiste à chercher des compromis avec la gauche républicaine, qui reste une opposition. La seconde, c’est de se tourner vers le Rassemblement national pour bâtir des alliances.
« Moi, j’ai choisi et j’assume de choisir », a-t-il déclaré. Il a précisé que le gouvernement tente de « bâtir des compromis » et qu’il poursuivra cette stratégie jusqu’à la prochaine élection présidentielle, précisant qu’il n’était pas candidat.
Le « moment de la grande clarification »
S’adressant à Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, et à Mathieu Darnaud, sénateur LR, Sébastien Lecornu a lancé : « Si vous étiez à ma place, avec qui iriez-vous bâtir des compromis : avec le RN ou avec la gauche républicaine ? C’est aussi simple que cela. »
Il a appelé à une clarification politique : « C’est le moment de la grande clarification. »
De son côté, Bruno Retailleau a démenti sur Public Sénat que son parti ait jamais fait de compromis avec le Rassemblement national. Il a également invité le chef de l’exécutif à clarifier sa position en demandant si le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, est « le Premier ministre » et s’il impose ses conditions au gouvernement.
Ce débat intervient dans un contexte où Sébastien Lecornu a dénoncé une « atonie » du gouvernement. Selon lui, la non-inscription de certaines propositions de lois, notamment celles sur la réduction de l’artificialisation des sols, témoigne d’un ralentissement dans le travail parlementaire.














