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Une inquiétude grandissante dans les rangs du Raid

Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat Un1té, alerte sur la mobilisation des forces spéciales telles que le GIGN, le Raid et la BRI en vue des prochaines manifestations prévues en France. Elle souligne que ces unités ne sont pas spécialisées dans le maintien de l’ordre ou la gestion des violences urbaines, ce qui soulève des préoccupations.

Le contexte de la mobilisation accrue

Après les violences lors des manifestations du 17 octobre, le ministère de l’Intérieur a annoncé le déploiement d’unités d’élite pour encadrer la manifestation du 24 octobre, appelée « l’acte II » par les Gilets jaunes. Outre les forces de police habituelles, cela inclut les militaires de Sentinelle ainsi que des effectifs du GIGN, du Raid et de la BRI.

Cette décision a suscité des inquiétudes, notamment chez les policiers du Raid. Linda Kebbab explique que cette mobilisation est source d’angoisse au sein de leur unité, qui n’a pas pour mission principale la gestion des violences urbaines.

« Il y a une forte inquiétude dans les rangs du Raid », insiste la policière. « Les violences urbaines ne sont absolument pas leur cœur de métier », rappelle-t-elle.

Les leçons des émeutes de 2023

Les événements violents de 2023, liés à la mort de Nahel, ont laissé des marques. Le Raid a été alors mobilisé dans un contexte de crise, appelé « par désespoir ». Bien que cette unité ait été déployée selon un cadre strict, il y a eu des pertes humaines, ce qui a été mal vécu.

Linda Kebbab dénonce que l’État et ses responsables n’ont pas été tenus pour responsables, malgré le fait que ces policiers ont agi dans le cadre de leur mission, sans que la gestion de ces violences ne relève directement de leur cœur de métier.

Les réticences du Raid pour le 24 octobre

De nos jours, les membres du Raid se montrent très réticents à l’idée d’être déployés le 24 octobre. Cependant, ils pourraient y aller par devoir, car ils ont le sens du métier, précise la syndicaliste. Elle avertit que leur implication pourrait poser problème si des policiers sont poursuivis en justice alors qu’ils auraient respecté la doctrine d’emploi.

La secrétaire nationale espère que la gestion de la manifestation du 17 octobre servira de leçon pour mieux organiser celle du 24. Elle insiste sur le fait que la situation reste fragile et qu’il ne faut pas sous-estimer les risques.

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