Éric Mouzin, le père d’Estelle Mouzin, qui avait réussi à faire condamner l’État pour faute lourde en 2025, évoque aujourd’hui un résultat « assez mitigé ». Sur BFMTV ce mercredi 10 juin, il confie que ce processus judiciaire a été « un parcours très compliqué ».
Une plainte contre l’État pour faute lourde
Ce mardi 9 juin, la mère de Rosa, qui accuse Jérôme Barella de viols lorsqu’elle avait 10 ans, a annoncé qu’elle allait déposer une plainte contre l’État français. Elle souhaite engager la responsabilité de l’État devant le tribunal judiciaire pour « faute lourde ». Cette démarche vise à dénoncer une décision ou une action de l’État qui aurait nui à une personne ou une organisation.
Le contexte de la condamnation de l’État
En 2025, Éric Mouzin a obtenu la condamnation de l’État pour faute lourde, notamment en raison de « dysfonctionnements » et du « manque de moyens humains » dans les investigations. Selon le tribunal judiciaire de Paris, ces erreurs ont empêché d’arrêter en temps le coupable de la disparition d’Estelle Mouzin, victime de Michel Fourniret, qui est décédé avant de pouvoir être jugé. Ce manquement a également empêché de retrouver le corps de la jeune fille. Éric Mouzin a été indemnisé à hauteur de 50 000 euros pour préjudice moral.
Une évaluation « mitigée » du résultat
Interrogé sur BFMTV, Éric Mouzin explique que la plainte pour faute lourde reste « mitigée » et « pas à la hauteur » de ses attentes. Il souligne que cette procédure a duré plus de six ans. Selon lui, la principale conséquence des dysfonctionnements de la police et de la justice dans cette affaire est l’impossibilité de retrouver Estelle, car le coupable n’a pas été arrêté à temps, étant décédé avant de pouvoir être jugé.
Les dysfonctionnements dans l’enquête
Éric Mouzin évoque également la désorganisation des services judiciaires et d’enquête. Il déplore que la parole des victimes soit difficile à prendre en compte et que la compréhension des suites d’actes reste floue. Il estime que cela contribue à l’échec de certaines enquêtes et à la difficulté de faire la lumière sur ces affaires.
Autres démarches et plaintes
En parallèle, la mère de Rosa prévoit de porter plainte contre des procureurs de Toulouse et d’Auch, ainsi que contre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Elle souhaite également saisir la Cour de Justice de la République pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en danger ».
Me Pierre Debuisson, avocat de la mère de Rosa, critique le discours du ministre, dénonçant une « hypocrisie » face aux dysfonctionnements révélés. Il affirme que derrière ces erreurs, il y a des hommes et des femmes qui ont failli dans leur devoir.














