Ce dimanche 30 août, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, a accordé un long entretien à BFMTV à Tourcoing. Il était présent lors de la rentrée politique de Gérald Darmanin, qui soutient sa candidature.
Des futurs ministres avec une expérience du commandement
Interrogé sur la possibilité de nommer Gérald Darmanin comme Premier ministre en cas de victoire, Édouard Philippe a répondu qu’il ne fallait pas brûler les étapes. Il a insisté sur l’importance pour les ministres d’avoir une expérience du commandement. Selon lui, les futurs membres du gouvernement doivent être capables de diriger, d’écouter et de prendre des décisions.
Il a également précisé que Gérald Darmanin, en tant que membre du gouvernement, joue un rôle central dans la recomposition partisane à venir. Édouard Philippe a souligné que la présidentielle impliquera une nouvelle configuration politique, et que Darmanin aura une place importante dans cette dynamique.
Une position ferme sur l’immigration
Édouard Philippe a déclaré qu’une politique migratoire plus stricte était nécessaire. Sur Mayotte, où il s’est rendu récemment, il a évoqué une crise migratoire sévère, avec des conséquences importantes pour le territoire. Il souhaite donc fermer toute entrée d’immigration sur l’archipel, notamment en interdisant les titres de séjour durant le quinquennat.
Pour la métropole, il a précisé qu’il ne voulait pas empêcher les étudiants étrangers de venir étudier en France. Il a aussi indiqué qu’il continuerait à délivrer des titres de séjour pour les métiers indispensables, comme la médecine ou l’ingénierie.
Concernant le regroupement familial, il a affirmé qu’il fallait être beaucoup plus ferme dans l’interprétation des textes. Il a évoqué la possibilité de dénoncer les accords de 1968 avec l’Algérie, qu’il considère comme une nécessité face à une relation actuellement difficile avec ce pays.
Objectif de réduire le déficit public à 2 %
Édouard Philippe a évoqué la situation économique et sociale du pays. Il a dénoncé le nombre élevé d’arrêts de travail pour des raisons de confort, qui déstabilisent les entreprises et coûtent cher à la collectivité. Il a aussi exprimé sa volonté de rendre le pays plus compétitif en réduisant le taux de chômage.
Il a affirmé qu’il privilégierait la maîtrise des dépenses plutôt que l’augmentation des impôts. Son objectif est de ramener le déficit public à 2 % à la fin de son quinquennat.
Réforme des retraites : chacun devra travailler un peu plus
Concernant la réforme des retraites, Édouard Philippe n’a pas voulu préciser l’âge de départ. Il a indiqué qu’il communiquerait cette information au moment opportun, en cherchant le meilleur compromis. Il a toutefois insisté sur la nécessité que chacun travaille un peu plus pour régler cette question.
Il a aussi évoqué la possibilité de mettre en place un système de capitalisation obligatoire, ajustable en fonction de l’espérance de vie.
Un rassemblement politique pour gagner
Édouard Philippe a souligné l’importance de l’union de la droite et du centre pour remporter l’élection. Selon lui, il faut rassembler ces forces politiques et travailler ensemble plutôt que se livrer à des attaques mutuelles. Il a évoqué l’idée d’une primaire pour sélectionner le candidat du bloc central.
Face aux critiques de Gabriel Attal, qui a reproché à Philippe d’avoir des idées dépassées, il a reconnu le talent de son interlocuteur. Il a insisté sur la nécessité de se concentrer sur le rassemblement, plutôt que sur des petites attaques personnelles.
Priorité à l’école et à la communauté éducative
Édouard Philippe a réaffirmé son engagement en faveur de l’éducation. Il souhaite faire de l’école une priorité nationale, avec pour objectif d’améliorer son fonctionnement. Il veut « mettre le paquet » sur les petites classes, valoriser le mérite, et renforcer l’excellence scolaire.
Pour cela, il propose d’augmenter la rémunération des professeurs et de faire confiance à la communauté éducative, en donnant plus de liberté aux écoles.














