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Des conditions de détention indignes pour des mineurs à Bobigny

Depuis les violences du 17 octobre, des avocats dénoncent les conditions de détention de jeunes interpellés au dépôt de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Selon eux, ces mineurs sont retenus dans des conditions déplorables en attendant leur passage devant un juge.

Quatre avocats, envoyés par le barreau de Seine-Saint-Denis, ont visité le dépôt judiciaire au petit matin. Leur constat est alarmant : certains mineurs, âgés de 14 à 17 ans, dorment directement sur le béton. Ils sont souvent enfermés dans des cellules très petites, parfois moins de 6 m², à deux. Les jeunes n’ont pas de matelas, seulement des couvertures de survie pour se couvrir face au froid. Les cellules sont sales, et certains doivent uriner dans des bouteilles faute de toilettes adaptées.

Les avocats ont également souligné que ces conditions sont inacceptables pour des enfants. Certains sont détenus dans des espaces où ils ne peuvent pas s’allonger et vivent dans un environnement insalubre. Il a été rapporté que des mineures n’avaient pas de protections périodiques, ce qui ajoute à leur détresse.

Une situation dénoncée par le barreau

Guillaume Arnaud, l’un des avocats présents lors de la visite, explique que ces jeunes sont en détention dans des conditions que l’on peut qualifier d’indignes. Il précise que certains dormaient à même le sol, dans des cellules où l’hygiène laisse à désirer, et que la température était très basse.

La bâtonnière de l’ordre des avocats du Barreau de Seine-Saint-Denis, Sandrine Beressi, confirme que ces conditions sont préoccupantes. Elle rappelle que le barreau s’était déjà mobilisé l’an dernier contre ces pratiques, notamment en obtenant du procureur l’engagement de ne pas faire passer la nuit en cellule à des mineurs, sauf circonstances exceptionnelles. Elle insiste sur le fait que la dignité des enfants doit primer.

Elle déplore que la situation n’ait pas vraiment changé : « Il y a un an, on dénonçait déjà ces conditions. Aujourd’hui, on constate que des mineurs dorment dans des cellules exiguës, sans matelas, dans le froid, sans hygiène. »

Une question de dignité

Selon l’avocate, il est impossible de parler de confort ou de respect des droits lorsqu’on voit ces jeunes dormir sur du béton, dans des espaces sales et non adaptés. Certaines mineures n’avaient pas accès à des protections périodiques lors de leur détention, ce qui témoigne de l’indignité de ces conditions.

Elle insiste : « Avant de parler de fermeté, il faut respecter la dignité humaine. »

Les contrôles réguliers effectués par le barreau mettent en évidence ces problématiques depuis longtemps. La situation dénoncée aujourd’hui montre une réalité préoccupante pour les mineurs en garde à vue à Bobigny.

Une justice sous pression depuis les événements

Depuis les violences du 17 octobre, la justice accélère ses procédures. Le ministère de la Justice indique qu’il y a une augmentation significative des comparutions immédiates, notamment pour des faits de flagrance. Cependant, la bâtonnière souligne que les mineurs bénéficient d’un régime juridique différent de celui des adultes, avec une présomption d’innocence jusqu’à leur passage devant un juge.

Elle évoque aussi une certaine sévérité dans les procès, qu’elle associe à une campagne de fermeté en lien avec la situation politique et sociale actuelle.

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