Présentation du budget 2027
Le gouvernement doit dévoiler jeudi une première version de son budget pour l’année 2027, à moins de sept mois de la présidentielle. Sébastien Lecornu a évoqué un budget « offensif », avec un effort d’économies important de 54 milliards d’euros. La suite du processus impliquera le Parlement, qui devra trouver un compromis.
Un projet de budget pour la Sécurité sociale sera également présenté en conseil des ministres, après avis du Haut conseil des finances publiques (HCFP). Si le Premier ministre a annoncé des mesures « difficiles », il a précisé qu’elles seraient « réversibles par la nouvelle majorité » issue des urnes en 2027.
Un effort d’économies de 54 milliards d’euros
Sébastien Lecornu a confirmé la mise en place de mesures difficiles mais modérées. L’objectif est d’économiser environ 54 milliards d’euros pour redresser les finances publiques. La cible est un déficit de 5 % en 2027, contre 5,4 % en 2026.
Aucune hausse généralisée des impôts
Le gouvernement a affirmé qu’il ne proposera pas d’augmentation généralisée des impôts. Il a aussi rejeté le gel du barème de l’impôt sur le revenu par rapport à l’inflation, ce qui pourrait entraîner une hausse automatique des impôts.
Malgré cela, le taux de prélèvements obligatoires atteindrait 44,2 % du PIB en 2027, contre 43,9 % en 2026. Cette augmentation est notamment liée à la lutte contre la fraude, qui devrait permettre de récupérer un milliard d’euros, et à la réduction de certaines niches fiscales.
Contrôle des dépenses
Le budget de l’État pour 2027 sera « gelé » hors hausse de la charge de la dette, qui devrait augmenter de 6,4 milliards d’euros, ainsi que du budget des Armées. Certains ministères, comme la Justice, l’Intérieur, la Défense, le Logement, la Recherche et l’Écologie, verront leurs crédits augmenter.
En revanche, d’autres devront réaliser d’importantes économies, notamment le ministère du Travail, avec un effort de 2,5 milliards d’euros. Les agences et opérateurs publics verront aussi leurs enveloppes réduire. Aucun montant précis n’a encore été communiqué.
Gel du point d’indice et des aides
Le point d’indice des fonctionnaires sera gelé, ce qui générerait environ 2 milliards d’euros d’économies. Par ailleurs, l’aide personnalisée au logement (APL) sera également gelée.
Les retraités mis à contribution
Le gouvernement envisage de faire contribuer davantage les retraités. Il réfléchirait à réduire le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions, passé de 4.439 euros à 3.000 euros. De plus, une partie des pensions pourrait ne plus être indexée sur l’inflation, notamment pour ceux percevant plus de 1.260 euros, avec une augmentation moins rapide ou nulle.
Le but est de récupérer plusieurs milliards d’euros, mais probablement moins que les 6 milliards évoqués par le ministre des Comptes publics.
Réduction de la contribution exceptionnelle des grandes entreprises
La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises sera reconduite pour une troisième année, mais son montant sera réduit à 5 milliards d’euros, contre 7,5 milliards cette année.
Les crédits d’impôt pour la recherche et le pacte Dutreil, qui facilite les transmissions familiales, ne seront pas modifiés.
Réforme des arrêts de travail
Sébastien Lecornu souhaite réaliser des économies sur les arrêts maladie, à hauteur d’environ 2 milliards d’euros. La proposition inclut la réduction des exonérations fiscales sur certains arrêts de travail, notamment ceux liés à une affection de longue durée ou à des accidents du travail.
Des pistes comme l’extension du délai de carence ou l’instauration d’une « carence d’ordre public » ont aussi été évoquées, ce qui pourrait faire que l’employeur ne rembourse plus ces arrêts.
Allègements de charges et mesures fiscales
Le gouvernement prévoit de prolonger le gel des allègements de charges pour les entreprises, décidé en 2026 avec la hausse du Smic. Il souhaite aussi limiter ces exonérations en élargissant l’assiette des rémunérations prises en compte, ce qui pourrait générer entre 3 et 3,5 milliards d’euros d’économies supplémentaires.
Des mesures temporaires seront proposées pour encourager les donations familiales, notamment en relevant le plafond d’exonération, passant de 31.865 euros à 50.000 euros.
Soutien aux départements
Sébastien Lecornu a annoncé une aide supplémentaire de 1,5 milliard d’euros pour les départements. Il propose également d’affecter une partie de la contribution sociale généralisée (CSG) à ces collectivités.
Taxe sur les autoroutes et les aéroports
Le gouvernement souhaite augmenter de 800 millions d’euros la taxe sur les bénéfices des exploitants d’autoroutes et d’aéroports. La taxe, actuellement à 4,6 %, pourrait atteindre 12,2 %, avec un système de tranches pour mieux ajuster la contribution selon la rentabilité des entreprises.
Réduction du déficit de la Sécurité sociale
Le déficit de la Sécurité sociale devrait encore augmenter en 2026, pour atteindre au moins 23,2 milliards d’euros. Le gouvernement prévoit de le réduire d’un tiers en freinant la progression des dépenses d’assurance maladie.
Les dépenses de l’Assurance maladie devraient augmenter de seulement 2 à 2,1 %, contre plus de 3 % dans les années précédentes. Un effort est prévu, notamment par la réduction des remboursements pour certains soins et médicaments, ainsi que par la limitation des franchises et participations à 140 euros par an.
Réformes dans le domaine social et familial
Le gouvernement souhaite recentrer l’allocation de rentrée scolaire et créer un « prêt à taux zéro natalité » pour aider à l’accès à la propriété pour les familles.
Mesures concernant les étrangers
Une proposition prévoit d’aligner les droits des étrangers sur ceux des autres allocataires sociaux non contributifs, avec la possible introduction d’un délai de carence pour en bénéficier. Ces restrictions existent déjà dans le droit français.














