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Un fonctionnement « catastrophique » : l’Observatoire international des prisons tire la sonnette d’alarme

Dans un rapport publié le mardi 22 septembre, l’Observatoire international des prisons (OIP) critique sévèrement les conditions d’incarcération des adolescents en France. Il pointe notamment le taux d’occupation élevé des places disponibles dans certains établissements, comme à Limoges, Marseille ou Pau.

Selon le rapport, l’incarcération des jeunes, âgés de 13 à 17 ans, est marquée par de nombreux dysfonctionnements. Entre solitude, oisiveté, consommation de drogues, fouilles à nu fréquentes ou manque de formations, cette situation est jugée incompatible avec l’enfance.

Au 31 août, 817 mineurs étaient détenus dans le pays, représentant 0,9 % de l’ensemble des personnes en prison. Dans plusieurs sites, la capacité d’accueil dédiée à ces jeunes était dépassée : la maison d’arrêt de Limoges et celle de Pau atteignaient une saturation de 100 %, tandis que le centre pénitentiaire de Marseille affichait un taux d’occupation de 144,4 %.

Les adolescents sont répartis dans 41 quartiers mineurs (QM) et six établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM), ouverts en 2007. Ces centres devaient offrir une prise en charge éducative renforcée. Or, près de vingt ans après leur création, l’OIP déplore qu’ils ressemblent encore à des prisons, malgré leur objectif initial.

La violence du choc carcéral pour les adolescents

L’OIP recommande vivement de mettre fin à l’incarcération des enfants et des adolescents comme réponse pénale. Lors d’une conférence de presse, Julien Fischmeister a souligné que l’ensemble des professionnels du terrain considèrent le fonctionnement actuel des quartiers mineurs comme catastrophique et contre-productif.

Le rapport insiste également sur la violence que subissent les jeunes en détention. Pauline Petitot, chargée d’enquête à l’OIP, explique que le choc carcéral est particulièrement brutal pour eux. Les établissements, initialement conçus pour être moins punitifs, sont rapidement équipés de grilles, grillages, portes et panneaux occultants après des incidents.

Les fouilles à nu régulières, jugées intrusives, accentuent encore la détresse des adolescents, d’autant plus difficile à leur âge où le rapport au corps est complexe.

Un taux de récidive élevé et des difficultés éducatives

Entre 2016 et 2021, la récidive chez les jeunes détenus oscillait entre 63 % et 69 %, indique Odile Macchi. Elle précise que cette trajectoire est en partie liée à l’expérience carcérale elle-même, qui ne facilite ni l’insertion professionnelle ni la reprise scolaire.

Dans les établissements, l’accès aux cours est souvent aléatoire. Les normes de temps consacré à l’éducation, déjà inférieures à celles appliquées à l’extérieur, ne sont pas respectées, déplore l’OIP.

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