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Pourquoi Dominique de Villepin attend-il avant d’officialiser sa candidature ?

Depuis les attaques du Hamas en Israël, l’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a retrouvé une visibilité médiatique importante. À 72 ans, Dominique de Villepin s’est montré très actif sur les plateaux télé, offrant ses analyses sur des sujets internationaux tels que la guerre au Proche-Orient, les tensions entre la France et l’Algérie ou encore la réélection de Donald Trump aux États-Unis. Cependant, il n’a pas encore annoncé officiellement sa candidature à la présidentielle.

Le retour de Villepin intervient dans un contexte international tendu, mais il ne s’est pas encore déclaré candidat. Lors d’un passage sur BFMTV, il a simplement affirmé vouloir l’être, précisant qu’il le confirmerait lorsque la campagne serait officiellement lancée. Son entourage insiste sur le fait qu’il faut patienter encore quelques mois, dans l’attente des bonnes conditions pour se lancer.

Une stratégie de patience

Dans ses proches, on répète que Dominique de Villepin privilégie la patience. La présidentielle se tiendra dans huit mois, une période encore longue en politique. Il joue une stratégie de recours, à l’image de François Hollande à gauche, en attendant que le moment soit opportun. Son objectif est de rassembler un large spectre politique, de la droite sociale à la gauche écologiste, en constituant un « rassemblement des Français ».

Pour l’instant, il ne veut pas précipiter sa candidature, préférant observer et construire sa base. Il critique le système politique actuel, notamment le macronisme, qu’il considère comme un système en faillite. Il critique également certains de ses concurrents dans la course à l’Élysée, comme Gabriel Attal ou Édouard Philippe, en soulignant que leurs propositions se ressemblent.

Un positionnement ambigu

Villepin donne un certain crédit à La France insoumise ou au Rassemblement national, estimant qu’ils proposent autre chose, mais il juge leurs propositions « hors sol » et peu applicables. Il évite toutefois de se positionner clairement pour le moment, préférant évoquer un rassemblement large plutôt qu’un camp précis.

Son objectif est de convaincre qu’il peut incarner une alternative crédible. Son équipe le voit capable de fédérer un espace politique allant de la droite sociale à la gauche écologiste. Pourtant, dans les sondages, ses résultats restent faibles. Lors d’une étude récente, ses scores ne dépassaient pas 2 ou 2,5 %.

Les obstacles à sa candidature

Historiquement, Dominique de Villepin a déjà échoué à se présenter en 2012, faute de réunir les 500 parrainages d’élus nécessaires. Aujourd’hui, il dispose d’environ 220 à 250 promesses, selon ses proches. Il admet lui-même qu’il veut être candidat, mais que cela ne se fait pas seul, soulignant les difficultés à organiser une campagne.

Sa personnalité, souvent décrite comme brillante mais solitaire, peut aussi constituer un obstacle. Certains anciens collaborateurs évoquent des relations distantes ou tendues avec lui, ce qui pourrait compliquer la constitution d’un socle solide d’élus et de soutien.

Une équipe renforcée et des enjeux

Malgré ces difficultés, l’entourage de Villepin insiste sur une meilleure organisation de sa campagne. Un comité de soutien structuré, avec des équipes dédiées à la recherche de parrainages, aux finances ou à la technologie, aurait été mis en place. Il doit également participer à plusieurs événements importants, comme l’émission « Objectif 2027 » de LCI ou un débat organisé par Libération.

Enfin, il doit faire face à des affaires en cours, notamment une enquête du parquet financier sur des statuettes reçues lorsqu’il était ministre, entre 2004 et 2022. Ces dossiers pourraient compliquer sa campagne, même s’il n’a pas encore été formellement mis en cause.

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