Le Parti socialiste en pleine division avant le vote décisif
Ce jeudi 9 juillet, les militants du Parti socialiste (PS) vont se prononcer sur les modalités de la primaire de la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2027. Après plusieurs mois de débats et de tensions internes, ce vote marque une étape importante pour sortir de l’impasse.
Deux propositions pour définir la primaire
Deux options sont soumises au vote des militants, qui se tiendra en personne de 17 heures à 22 heures. Les deux propositions reconnaissent qu’une primaire réunissant l’ensemble de l’espace social-démocrate aura lieu, notamment avec Place publique, mais elles diffèrent sur la composition du corps électoral.
Une primaire élargie aux sympathisants ou réservée aux militants
La première proposition, portée par le premier secrétaire Olivier Faure, prévoit une ouverture du vote aux « sympathisants » du PS. L’objectif est d’élargir considérablement le corps électoral, avec une participation estimée entre 500 000 et un million de personnes. Faure souhaite que cette primaire soit accessible à tous ceux qui se reconnaissent dans le socialisme, sans imposer cette règle.
Il envisage également, sans engagement, que le vainqueur de cette primaire participe à une autre étape, une primaire unitaire de la gauche hors-LFI, avec notamment les écologistes et certains figures de l’ancienne gauche radicale comme Clémentine Autain ou François Ruffin.
De leur côté, ses opposants proposent une approche plus restreinte. Ils souhaitent que la désignation du candidat se fasse uniquement par les « militants » du PS et par des « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », comme Place publique ou La Convention, mouvement de Bernard Cazeneuve.
Une étape vers une union plus large
Ce vote de jeudi déterminera les modalités d’un autre scrutin, celui de la primaire de l’espace social-démocrate. Le vainqueur pourrait ensuite se présenter à une nouvelle étape, la primaire de la gauche unitaire, avant la présidentielle.
Une situation conflictuelle qui freine l’avancement
Ce contexte de division exaspère au sein du PS, alors que la majorité des candidats à la présidentielle ont déjà lancé leur campagne. Selon l’entourage d’Olivier Faure, il est urgent d’agir pour « sortir de ce mélodrame qui nuit à la crédibilité du collectif ». Boris Vallaud, chef des députés, souligne que le parti accuse un retard important par rapport aux autres formations, qui ont déjà désigné leurs candidats.
Les rapports de force du dernier congrès du PS laissent penser que les opposants à Faure, qui ont rejoint une majorité depuis peu, pourraient l’emporter lors du vote. Certains craignent une faible participation, notamment chez les jeunes, ce qui pourrait fragiliser la légitimité du vainqueur.
De plus, le mandat d’Olivier Faure est souvent contesté, avec des appels réguliers à sa démission depuis qu’il a pris la tête du parti il y a huit ans. Malgré cela, il reste « insubmersible » selon ses supporters.
Un seul candidat officiel pour le moment
À ce jour, le seul candidat déclaré à la primaire du PS est le député de l’Eure Philippe Brun. D’autres figures comme Jérôme Guedj (député de l’Essonne) ou Karim Bouamrane (maire de Saint-Ouen) ont annoncé leur candidature en dehors du processus de la primaire.
Les déclarations d’Olivier Faure, Boris Vallaud et Raphaël Glucksmann seront scrutées de près. Ce dernier, fondateur de Place publique, est actuellement en tête des sondages dans l’espace social-démocrate et pourrait jouer un rôle clé dans la course. Toutefois, pour se lancer officiellement dans la campagne présidentielle, il aurait besoin du soutien du parti, de ses militants et de ses élus.
Le camp d’Olivier Faure craint que s’éloigner de la gauche unie ne mène le PS à une marginalisation. Certains soutiennent qu’un tel isolement pourrait faire sombrer le parti dans une dépendance au macronisme.
Une gauche divisée face à un Jean-Luc Mélenchon en avance
De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), bénéficie d’une dynamique favorable depuis le début de sa campagne. Il semble avoir pris une longueur d’avance sur ses concurrents, ce qui alimente les tensions à gauche. Mélenchon a récemment critiqué le manque d’initiative de ses adversaires, estimant qu’ils devraient faire quelque chose d’utile au lieu de se disputer.














