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François Bayrou en pleurs sur l’affaire Bétharram dans l’émission « C à vous »

L’affaire Bétharram concerne de graves accusations de violences physiques et d’abus sexuels au sein de l’établissement Notre-Dame de Bétharram, devenu Le Beau Rameau en 2009, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ces faits impliqueraient des prêtres de la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram, mais aussi des personnels laïcs, encadrants, enseignants et anciens responsables de l’établissement.

Le dossier a pris une nouvelle tournure en février 2025, lorsque le média Mediapart a révélé une intervention présumée de François Bayrou en 1996 auprès d’un juge d’instruction. Il aurait soutenu l’établissement et le père Carricart. Ces révélations, relayées aussi par Libération, ont ravivé des controverses anciennes.

Les déclarations de François Bayrou sur l’affaire

Le 16 juin, invité dans l’émission « C à vous », François Bayrou a été interrogé par Anne-Élisabeth Lemoine sur son livre dans lequel il évoque l’affaire Bétharram. La journaliste lui rappelle ses propos qualifiant la situation de « manipulation » et de « procès médiatique ». Elle mentionne aussi son audition de cinq heures devant une commission d’enquête parlementaire. À l’époque, il avait dit que certains députés étaient « venus pour la curée, pour l’exécution finale », une formule qu’il a reprise lors de l’émission.

Face à ces questions, il a reconnu que le sujet était particulièrement sensible. Il explique que Bétharram représente un drame humain dans un petit collège, mais qu’il y en a beaucoup d’autres. « Mais comme j’étais Premier ministre, forcément, il y a eu focalisation », dit-il, évoquant une affaire qui a conduit à une loi. Il précise que cette loi, dite « loi Bétharram », a été votée à l’unanimité. « On verra si ça change quelque chose », ajoute-t-il, visiblement ému.

Un témoignage poignant et des critiques sur les enquêtes parlementaires

Au cours de l’échange, François Bayrou est apparu profondément touché. Sa voix était parfois hésitante, lorsqu’il évoquait les victimes qu’il a rencontrées. Il confie : « Et donc, j’espère. Mais moi, j’ai passé des heures avec ces hommes. Car ce sont des garçons. Et j’ai vu leurs pleurs et leur souffrance. »

Il décrit des adultes profondément marqués par des blessures d’enfance. « C’étaient des hommes, mais je voyais les petits garçons à l’intérieur, les poings crispés, qui n’étaient pas ceux des adultes, mais ceux des enfants qui se sentaient abandonnés », raconte-t-il avec émotion.

Enfin, François Bayrou évoque la dimension politique de l’affaire. Il accuse « une manipulation politique montée par LFI ». Il critique aussi le fonctionnement des commissions d’enquête parlementaires. « Une commission d’enquête, c’est très bien pour approfondir un dossier. Mais quand vous êtes accusé, vous ne pouvez pas vous défendre. Vous n’avez pas d’avocat », regrette-t-il. Il déplore de ne pas pouvoir citer certains témoins ou consulter librement certains documents.

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