Une proposition de loi pour mieux protéger la santé mentale des agriculteurs
Alors qu’un agriculteur ou une agricultrice se suicide chaque jour en France, l’Assemblée nationale examine ce jeudi une nouvelle proposition de loi. Son objectif : renforcer la prise en charge et le suivi des professionnels du secteur confrontés à des souffrances psychiques.
Ce débat intervient deux jours après l’adoption d’un projet de loi d’urgence pour l’agriculture. Les députés se concentrent désormais sur un texte transpartisan intitulé « visant à protéger la santé mentale des agricultrices et agriculteurs ».
Le secteur agricole traverse une crise profonde, avec chaque année des mouvements de protestation, notamment en janvier dernier lors de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. La situation est dramatique : plus de 300 agriculteurs mettent fin à leurs jours chaque année, soit près d’un décès par jour.
Face à cette réalité, l’élu socialiste Arnaud Simion, rapporteur du texte, a déploré l’absence de politiques publiques structurées à l’échelle nationale. Il a souligné que le système actuel repose sur une coordination de dispositifs dispersés. La nouvelle proposition vise à rendre ces dispositifs plus visibles, compréhensibles et accessibles pour les agriculteurs.
Le renforcement du dispositif des « sentinelles agricoles »
Le texte prévoit tout d’abord de généraliser le dispositif des sentinelles agricoles. Ce réseau, encore peu connu, rassemble des volontaires issus de différents horizons : voisins, vétérinaires, comptables agricoles, salariés de coopératives, élus locaux, et même des agriculteurs eux-mêmes.
Ces acteurs de proximité, en contact direct avec le terrain, ont pour mission de repérer précocement les signes de souffrance psychique ou de risque suicidaire. Leur rôle est également d’établir une relation de confiance pour orienter les agriculteurs vers des dispositifs d’aide adaptés.
Conçu en 2021, ce dispositif compte aujourd’hui plus de 8 000 personnes formées et près de 10 000 sensibilisées. Si certains territoires disposent d’un réseau solide, d’autres en sont encore dépourvus. La proposition de loi prévoit également la création d’un guichet unique départemental dédié à la santé mentale agricole. Cette structure faciliterait la coordination et la prise en charge lorsqu’un agriculteur alerte sur son état mental.
Enfin, le texte propose la mise en place d’une mission nationale dédiée à la santé mentale des agriculteurs. Selon Arnaud Simion, « protéger la santé mentale des agriculteurs, c’est reconnaître que ceux qui nourrissent la Nation ne doivent jamais affronter seuls leurs difficultés ».














