La France commande deux Canadair supplémentaires face aux risques de mégafeux
Alors que la saison des feux de forêt approche, la France renforce ses moyens de lutte aérienne contre les incendies. Ce jeudi 4 juin, le gouvernement a signé une commande de deux nouveaux avions Canadair.
Ce contrat a été conclu avec la société canadienne De Havilland, le seul fabricant de Canadair. La signature a eu lieu lors du déplacement de Laurent Nuñez dans le Gard. Il s’agit d’une promesse faite par le président Emmanuel Macron après les incendies de l’été 2022.
Ce n’est pas la première commande : une première tranche a été passée en 2024, avec une livraison prévue entre 2028 et 2030. La seconde, commandée cette année, doit être livrée en 2032 ou 2033. Au total, la flotte de la sécurité civile doit compter 16 avions bombardiers d’eau à terme.
Cette annonce intervient dans un contexte d’inquiétude. La semaine dernière, neuf syndicats de pompiers ont alerté le gouvernement sur la nécessité de réformer le financement des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), qui sont selon eux « au bord de la rupture ».
En octobre 2022, Emmanuel Macron avait également annoncé une enveloppe supplémentaire de 150 millions d’euros pour renforcer ces services, dont 250 millions d’euros destinés notamment à l’acquisition de Canadair.
Une flotte vieillissante face à l’urgence climatique
La fédération nationale des sapeurs-pompiers a souligné, ce jeudi, que « près de quatre ans plus tard, la concrétisation de cette ambition demeure balbutiante et totalement insuffisante » face à l’accélération des risques liés au changement climatique.
Le renouvellement des moyens, en particulier des avions, est une problématique majeure. La flotte française est considérée comme vieillissante, ce qui complique la lutte contre l’augmentation des incendies de forêt causée par les canicules, inondations et autres phénomènes extrêmes.
Un rapport parlementaire publié en juillet 2025 indique que « la flotte n’est plus adaptée aux besoins, lesquels augmentent fortement sous l’effet du réchauffement climatique ». Ce phénomène amplifie notamment le risque d’incendies, comme ceux qui ont marqué l’été 2025.
Lors de cette saison, près de 15 000 départs de feu ont été recensés en France, touchant environ 30 000 hectares. Parmi eux, 1 800 incendies ont ravagé près de 20 000 hectares, notamment dans le massif des Corbières dans l’Aude en août.
Actuellement, environ une cinquantaine de départements sont à risque d’incendie accru, tels que les Côtes-d’Armor ou la Seine-et-Marne.
Au niveau européen, la Commission prépare la saison en prépositionnant près de 800 pompiers dans des zones à risque comme l’Espagne, la Grèce ou l’Italie. La France accueillera également quatre modules européens de lutte contre les feux de forêt, notamment dans les Bouches-du-Rhône et en Gironde.














