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Un vote polémique sur le stockage de l’eau à l’Assemblée nationale

Lors de l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, l’Assemblée nationale a adopté un article visant à faciliter le stockage de l’eau pour l’agriculture. Cette décision a suscité la colère de la gauche.

Ce sujet sensible concerne la gestion de l’eau. Depuis le début de la semaine, le parlement étudie ce projet de loi. Jeudi, après plusieurs heures de débats, les députés ont voté en faveur de cet article.

Ce texte, soutenu notamment par le Rassemblement national, supprime certaines contraintes. Il enlève notamment l’obligation d’organiser des réunions publiques pour obtenir une autorisation environnementale. Il accroît aussi les pouvoirs du préfet face aux instances de gestion de l’eau.

Concrètement, un préfet pourra, dans certains cas, passer outre une décision judiciaire annulant une autorisation de prélèvement d’eau. Il pourra alors autoriser la poursuite de ces prélèvements pour une durée maximale de deux ans.

Actuellement, la construction de stockages d’eau comme les bassines ou les retenues collinaires doit respecter des procédures strictes. Ces démarches incluent des consultations du public pour éviter des conflits, mais elles peuvent prendre beaucoup de temps, ce qui agace certains agriculteurs.

Les réactions : la gauche critique une « fuite en avant »

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a défendu cette mesure. Elle souligne que seulement 7 % des terres agricoles en France sont irriguées, ce qu’elle considère comme « très peu ». Son objectif est donc d’augmenter la capacité des agriculteurs à irriguer grâce à ces réserves d’eau.

De leur côté, certains parlementaires écologistes ont exprimé leur mécontentement. La députée Delphine Batho a dénoncé une « fuite en avant dans l’illusion que le stockage serait un remède magique ». Selon elle, il faudrait plutôt encourager un changement des pratiques agricoles, comme le préconisent certains chercheurs.

Pour le député Benoît Biteau, la mesure ne facilite pas l’irrigation pour de nouveaux agriculteurs. Au contraire, elle profite davantage aux exploitants déjà en place, notamment les plus grands.

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