Selon l’élu, le suspect de l’attentat survenu à Trappes le 23 octobre dernier suivait « la logique de la théorie du grand remplacement », qui affirme que les Français « de souche » sont remplacés par des peuples non-européens avec la complicité « des élites ».
« Rendre illégale » la théorie du grand remplacement. Voilà l’idée proposée ce vendredi 30 octobre sur France inter par le maire (Génération.s) de Trappes, Ali Rabeh, une semaine après l’attentat terroriste raciste dans sa ville ayant fait plusieurs victimes, dont une mortelle: Pengo Bossio Wangi.
L’élu juge que « cette érection d’un prétendu ennemi de l’intérieur à travers la figure des noirs, des arabes, des musulmans, fait du mal à notre société » et estime que Kévin T., le suspect de l’attentat, suivait « la logique de la théorie du grand remplacement ».
S’il affirme ne pas vouloir « interdire des idées », Ali Rabeh appelle à « rendre illégale la parole de ceux qui considèrent qu’il y a un ennemi de l’intérieur et qui expliquent, en désignant toute une partie de la population, que ce sont des envahisseurs ».
L’extrême droite a « armé idéologiquement ce terroriste »
Introduite en 2010 par l’écrivain français Renaud Camus, cette théorie est réfutée par l’essentiel des scientifiques mais connaît un grand succès dans les milieux d’extrême droite en France et ailleurs dans le monde.
Depuis une semaine, le maire de Trappes multiplie justement les attaques contre l’extrême droite et certains médias, qu’il juge en partie responsables de la propagation de cette théorie affirmant que les Français « de souche » sont remplacés par des peuples non-européens avec la complicité « des élites ».
« Ça fait des années qu’elle est rabâchée à longueur d’antenne, donc forcément dans des esprits fragiles, malades, qui considèrent qu’ils sont en croisade pour défendre une vision de la France malsaine qui est répandue par l’extrême droite, certains en arrivent à passer aux actes », déplore Ali Rabeh sur France inter.
Celui-ci vise directement Éric Zemmour, Marine Le Pen ou encore Jordan Bardella. « À mes yeux, ils sont ceux qui ont armé idéologiquement ce terroriste », tranche l’édile.
Le suspect n’a éprouvé « aucun regret »
Le maire de Trappes rappelle par ailleurs que « des dispositions » empêchant « l’incitation à la haine raciale » existent déjà dans notre pays, mais les juge « insuffisantes ».
« On peut tout à fait insérer à l’article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse un élément qui indique que nous rendrons dorénavant illégal et nous punirons de peines prévues précisément par l’article 23 de la même loi ceux qui auront présenté un groupe de personnes, à raison de leur origine, de leur appartenance à une religion, à une ethnie, à une prétendue race ou une religion déterminée comme des acteurs d’un instrument, d’un processus de remplacement », avance Ali Rabeh.
Ce jeudi, le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, a tenu une conférence de presse six jours après les faits survenus dans la ville des Yvelines et est revenu sur le parcours meurtrier de Kévin T. Les investigations ont ainsi mis en évidence la « très grande préparation de l’action criminelle » de ce dernier.
La perquisition menée au domicile du suspect a conduit à la découverte d’armes, de textes religieux, mais aussi d’autocollants. Rangés dans un tiroir, trente supportaient la mention « Vive la France, RN, fier d’être Français », 99 autres portaient la mention « 100% Français, vive la France » et 98 l’inscription « soutien aux forces de l’ordre ». Olivier Christen a précisé que ces autocollants sont « apocryphes ». En audition, il a par ailleurs indiqué « avoir lui-même dessiné les autocollants retrouvés à son domicile puis en avoir commandé la fabrication via Amazon ».
Sujets liés :
- Politique
- Attaque terroriste dans les Yvelines














