PARTAGER

Des tensions au sein de Renaissance après l’échec de la proposition de loi sur le 1er-Mai

L’échec de la proposition de loi sur le travail le 1er-Mai, soutenue notamment par Gabriel Attal, suscite des divisions au sein du parti Renaissance. Des tensions sont apparues ce mardi 14 avril lors de la réunion du groupe « Ensemble pour la République » à l’Assemblée nationale.

Les députés de ce groupe ne cachent pas leur mécontentement. Lors de la réunion, ils ont exprimé leur frustration face à l’échec de leur proposition de loi visant à autoriser le travail ce jour-là, en reprochant au gouvernement un manque de courage. La veille, le gouvernement avait décidé de reporter ce texte à une date indéfinie, face à la contestation des syndicats et de la gauche.

Ce projet de loi, porté par Gabriel Attal, visait à faciliter l’ouverture des commerces et établissements culturels le 1er-Mai, tels que les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, cinémas ou théâtres. Cependant, face à la pression, l’exécutif a préféré le repousser, ce qui a provoqué la colère de plusieurs députés.

Lors de la réunion, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, était présent pour représenter le gouvernement. Il a essuyé des critiques vives, notamment de Karl Olive, élu des Yvelines, qui a lancé : « Vous nous pissez dessus ». Nicole Dubré-Chirat, députée du Maine-et-Loire, a quant à elle déclaré : « Je commence à me demander ce que je fais là ».

Jean-Marie Fiévet, député des Deux-Sèvres, a également critiqué le gouvernement en affirmant qu’ »un gouvernement qui n’a pas de courage ne mérite pas d’exister ».

Un passage en force dénoncé

La proposition de loi aurait permis à certains commerces, comme les boulangeries ou cinémas, d’ouvrir le 1er-Mai. Mais le gouvernement a décidé de la repousser, notamment en adoptant une motion de rejet en commission, évitant ainsi un examen en première lecture. La majorité a déployé cette procédure après avoir écarté une commission mixte paritaire, ce qui a été perçu comme un passage en force.

Ce choix a été vivement critiqué par la gauche, qui a évoqué des menaces de censure. Sur Twitter, Gabriel Attal a exprimé son regret face à cette décision, demandant aux administrations de ne pas sanctionner les artisans souhaitant ouvrir ce jour-là.

Selon nos informations, Sébastien Lecornu et Gabriel Attal se sont entretenus lundi après-midi. Ce dernier était absent lors de la réunion hebdomadaire des chefs de groupes à l’Assemblée.

La décision a également été dénoncée par plusieurs responsables politiques, comme la présidente de Renaissance à l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, le président LR Bruno Retailleau, ou encore le chef du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui a ironisé en disant qu’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, était devenu « le véritable Premier ministre ».

Réactions et propositions de l’exécutif

Sous la pression, Sébastien Lecornu a promis de présenter des propositions à court et moyen terme pour les commerçants de proximité souhaitant ouvrir le 1er-Mai. Il a assuré que ces professions seraient reçues à Matignon dès cette semaine.

Lors des questions au gouvernement le mardi, le Premier ministre a rappelé que le sujet initial concernait la sécurisation d’une convention collective protégeant l’activité des boulangeries. Il a précisé que la proposition de loi concernait une liste plus large de commerces, y compris des chaînes industrielles, ce qu’il ne soutient pas.

Face à ces divergences, Lecornu a présenté deux options : ouvrir une négociation sectorielle pour élargir la liste des commerces ou se concentrer uniquement sur les commerces de proximité, avec un mandat pour accélérer une discussion sociale spécifique.

LAISSER UN COMMENTAIRE