Philippe Brun écarté à la dernière minute de la primaire du PS : ce que l’on sait des accusations qui visent le député
Le député socialiste de l’Eure, Philippe Brun, a été suspendu du Parti socialiste et exclu de la primaire pour la présidentielle de 2027. Cette décision fait suite à des accusations graves formulées par une ancienne collaboratrice. Mais que sait-on précisément de ces accusations contre le parlementaire ?
Mercredi 16 septembre 2026, le Bureau national du PS a décidé de suspendre Philippe Brun « à titre conservatoire » du parti et du groupe des Socialistes et apparentés. La suspension intervient pour des faits « susceptibles de relever d’une caractérisation pénale ». Lors d’une interview sur BFMTV, le président du PS, Olivier Faure, a expliqué : « Nous ne pouvons pas demain être incarnés dans une présidentielle par quelqu’un qui serait accusé d’avoir été violent ».
Une décision prise dans l’urgence
Selon la direction du PS, l’alerte est arrivée le mardi 15 septembre, vers 23h50. Une ancienne collaboratrice aurait contacté un responsable du parti pour lui faire part de ses accusations. Dans la nuit, Johanna Rolland, première secrétaire par intérim, a saisi le Bureau national. Ce dernier a décidé de suspendre le député dès le lendemain matin.
Cette suspension exclut Philippe Brun de la primaire socialiste 2027. Élu de l’Eure et vice-président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, il a indiqué qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle en dehors de cette primaire. La liste des candidats à ce stade comprend Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel.
Les accusations portées contre Philippe Brun
Selon les éléments transmis au Parti socialiste, l’ancienne collaboratrice accuse le député de harcèlement, de violences physiques et d’avoir recours à un emploi familial interdit à l’Assemblée nationale. En juillet 2026, elle a saisi la Commission de lutte contre le harcèlement et les discriminations (HADIV), ainsi que d’autres instances internes du parti. Au départ, cette plainte était présentée comme relevant du droit prud’homal.
Face à ces accusations, la direction du PS met en avant la nécessité d’un message clair contre les violences faites aux femmes. Le parti a affirmé ne « transiger ni sur la défense des droits des femmes, ni sur l’exemplarité qui doit être la sienne ». Selon cette position, laisser un candidat suspecté de tels faits participer à la primaire aurait été en contradiction avec ces engagements.
La version de Philippe Brun et les zones d’ombre
Lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, Philippe Brun a contesté ces accusations. Il a déclaré : « Je ne connais pas ces faits » et « Je refuse de me laisser démolir par de fausses accusations ». Le député affirme être victime d’une dénonciation calomnieuse et annonce qu’il déposera plainte. Il insiste sur le fait que la présomption d’innocence doit être respectée.
Il décrit son conflit avec son ex-collaboratrice, licenciée selon lui en juin 2026, comme un différend instrumentalisé par la direction du PS. Philippe Brun affirme n’avoir trouvé aucune trace d’une plainte le visant auprès des parquets au moment de sa suspension. Il critique la décision du parti en disant : « La justice n’a pas été saisie, le PS s’y est substitué ». La direction socialiste confirme qu’une plainte pénale a été déposée, mais cela laisse une incertitude sur le traitement judiciaire de l’affaire.














