Les écologistes adoptent un nouveau programme pour la présidentielle de 2027
Le parti écologiste a présenté ce lundi un programme renouvelé, marqué par une refonte complète de ses idées et de ses propositions. Cette évolution intervient après un contexte politique marqué par le choix du Parti Socialiste de privilégier une primaire fermée, excluant ainsi une désignation unitaire.
Une doctrine centrée sur la « prospérité écologique »
Le document, d’une grande densité, repose sur le concept de « prospérité écologique ». Selon ses auteurs, il ne s’agit ni d’ajouter un supplément d’âme à une économie capitaliste ni d’imposer une contrainte subie de force. Au contraire, cette vision se veut un choix de société assumé. La priorité est désormais donnée à trois axes : social, environnemental et démocratique.
Une méthode participative et un large consensus
Ce programme a été élaboré après dix mois de concertation, en recueillant plus de 50 000 contributions en ligne et en auditionnant une quarantaine d’organisations (syndicats, associations, chercheurs). Le résultat inclut 87 % de propositions modifiées, 68 propositions ajoutées, et un texte trois fois plus volumineux que celui de 2022. Lors du vote au Conseil fédéral, il a été adopté à 94,59 %, un score que Marine Tondelier valorise comme un signe d’unité, malgré la division perceptible dans le parti.
Un engagement fort pour 2027
Le document insiste sur l’urgence et souligne l’importance de l’élection présidentielle de 2027. La candidate Marine Tondelier met en avant que le résultat de cette élection sera crucial pour la France et l’Europe, en insistant sur la nécessité d’éviter une présidence d’extrême droite.
Les grands axes du programme
Transition énergétique
Les écologistes réaffirment leur volonté de sortir du nucléaire. Ils proposent d’arrêter les nouveaux programmes EPR-2 et SMR, de fermer les centrales existantes, et de viser une production entièrement renouvelable. Le nucléaire est jugé trop coûteux, trop lent à atteindre la neutralité carbone, trop vulnérable et dangereux pour les générations futures.
Reprise en main de l’économie
Le parti critique le capitalisme, qu’il considère comme responsable de la dégradation de l’environnement. Il propose une refonte fiscale, avec notamment une taxe de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, un impôt sur la fortune doté d’une composante climatique, une TVA verte, et un impôt minimal sur les grandes entreprises.
Mesures sociales
Au niveau social, figurent notamment l’instauration de 32 heures de travail sans perte de salaire dans les métiers « pénibles », une augmentation du SMIC à 2 000 euros brut dès 2027, et le remplacement du RSA par une « garantie d’autonomie » équivalente à 50 % du Smic net.
Réformes institutionnelles et médias
Le programme prévoit également une transformation des institutions, avec la création d’une « Première République écologique et citoyenne », pour sortir du présidentialisme. Sur le front des médias, il dénonce la concentration de la presse par une minorité de milliardaires et propose une loi contre la concentration, s’inspirant du modèle norvégien. Enfin, un « saut fédéral européen » est évoqué, avec l’idée d’un haut conseil militaire intégré.
Les défis à venir
Une question demeure : étant donné l’échec de la porte d’un rassemblement large de la gauche, sur quelles alliances les écologistes pourront-ils s’appuyer ? Marine Tondelier, candidate déclarée depuis octobre 2025, portera ce programme lors de la campagne, mais sans le rassemblement espéré. Les écologistes insistent sur le fait que leur programme reste évolutif et doit convaincre au-delà de leur propre camp pour atteindre 2027.














