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Laurent Nuñez remet sa démission après les violences du 17 octobre

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a présenté sa démission à Emmanuel Macron suite aux violences qui ont eu lieu le 17 octobre. Cependant, le président a décidé de le maintenir à son poste, évoquant la nécessité d’un commandement stable des forces de l’ordre dans le contexte actuel.

Malgré cette décision, derrière le profil de technicien de l’ordre public se cache un passionné de tauromachie. La démission intervient dans un contexte de nuits d’émeutes, avec près de 2 400 personnes interpellées, environ 1 000 policiers blessés, et des dizaines de milliers de pilleurs recensés à Marseille. Les dégâts matériels sont évalués à plusieurs centaines de millions d’euros, avec environ 1 500 commerces pris pour cible.

Le président Macron a toutefois demandé de nouvelles stratégies pour lutter contre les casseurs, tout en conservant Laurent Nuñez au ministère.

Une décision qui n’éteint pas la controverse

Laurent Nuñez avait proposé de démissionner dès le lendemain des violences, reconnaissant implicitement la gravité de la situation. Emmanuel Macron a préféré le maintenir en poste, tout en soulignant des failles dans la préparation et le renseignement. Le président a affirmé que ceux qui ont voulu faire tomber la République devront répondre de leurs actes.

Il a également promis une réponse judiciaire ferme. Ceux qui ont participé aux destructions et aux pillages devront payer, a-t-il déclaré. Une cellule de crise interministérielle a été créée, avec le ministre Sébastien Lecornu, afin d’évaluer les dégâts et organiser les aides pour les victimes, commerçants, hôteliers, banques et assurances.

Un parcours professionnel marqué par la sécurité

Né en 1964 à Bourges dans une famille andalouse ayant immigré d’Algérie, Laurent Nuñez a étudié le droit à Tours. Il a débuté sa carrière comme inspecteur des impôts avant d’intégrer l’École nationale d’administration (ENA) en 1999. Il a ensuite occupé plusieurs postes dans la sécurité, notamment directeur de cabinet en Seine-Saint-Denis, à la préfecture de police de Paris, puis à la tête de la DGSI en 2017.

Son parcours lui vaut une réputation de professionnel compétent. Selon une ancienne collaboratrice du cabinet de Bernard Cazeneuve, il est considéré comme un homme travailleur, réfléchi et sérieux. Un ancien de la préfecture de police souligne toutefois qu’il peut aussi apparaître comme docile et très respectueux de l’autorité de tutelle.

Une passion pour la tauromachie, un aspect peu connu

En dehors de ses responsabilités officielles, Laurent Nuñez revendique une passion bien à part : la tauromachie. Il fréquente assidûment les arènes espagnoles depuis des années, sans chercher à la dissimuler. Cette passion, très prononcée, contraste avec son image de haut fonctionnaire strict et technicien du maintien de l’ordre.

Originaire de Bourges, où ses parents andalous s’étaient installés après leur retour d’Algérie en 1962, il évoque régulièrement ses visites aux arènes et sa fascination pour cette tradition. La marche du 11 janvier 2015, après l’attentat contre Charlie Hebdo, a été pour lui l’un des moments les plus marquants de sa vie. Dix ans plus tard, il se retrouve confronté à une autre foule, beaucoup moins consensuelle, dans les rues françaises.

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