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Les raisons de la mobilisation des pompiers à Paris

Depuis le 8 septembre, les pompiers professionnels en France multiplient les actions de protestation. À Paris, ils organisent trois jours de manifestations dans les rues, notamment sous la tour Eiffel. Ces mobilisations interviennent après un été particulièrement difficile pour les secours.

Les pompiers dénoncent plusieurs revendications, notamment le besoin d’embauches supplémentaires, une meilleure protection de leur santé, et un recentrage de leurs missions. La situation est jugée préoccupante après une saison marquée par un nombre record d’incendies.

Une mobilisation renforcée

Les syndicats de pompiers ont prévu de marcher dans la capitale lundi, avant de participer mardi à une grande manifestation de la fonction publique. Cette dernière est organisée à l’appel d’une large intersyndicale, pour demander une revalorisation des salaires et davantage de moyens financiers.

Les pompiers sont épuisés après une saison intense. Depuis janvier, environ 98.000 hectares de végétation ont brûlé en France, un record depuis cinquante ans. Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, huit pompiers ont perdu la vie lors d’interventions cette année.

Pour illustrer leur mobilisation, les pompiers ont dévoilé ce dimanche soir, devant la Tour Eiffel, un avion aux couleurs des Canadair. Ils porteront cet appareil lors des manifestations, en signe symbolique de leur lutte pour plus de moyens.

Les principales revendications

La revalorisation des salaires est au cœur des demandes des pompiers. Lors de la journée de mobilisation mardi, de nombreux autres agents de la fonction publique se joindront à eux pour réclamer de meilleures conditions.

Contestation du projet de loi de modernisation

Les pompiers demandent aussi le renouvellement de leur flotte de Canadair, fortement sollicitée cet été lors des incendies. Ces avions bombardiers d’eau ont été mis à rude épreuve face à la gravité des feux.

Ils sont également très critiques envers le projet de loi dit de modernisation de la sécurité civile, présenté le 8 septembre. Selon eux, ce texte ne répond pas aux besoins actuels et est même unanimement rejeté. Frédéric Monchy, du syndicat SNSPP-PATS, le qualifie de «fait pour être auto-sabordé».

De son côté, l’Association des directeurs de services départementaux d’incendie et de secours (Andsis) déplore que le texte ne propose pas de réponses structurelles face à l’évolution des risques et à l’augmentation des crises.

Questions financières

Enfin, une autre problématique concerne le financement des services d’incendie et de secours. Le projet de loi de finances doit prévoir des mesures, mais pour l’instant, aucune piste concrète n’a été dévoilée. Frédéric Monchy indique qu’il n’y a que l’annonce d’un effort global d’économies de 54 milliards d’euros en 2027.

Selon la direction de la Sécurité civile, depuis le début de la grève, une moyenne de 2.682 pompiers professionnels sont en grève chaque jour, ce qui représente environ 9,3 % des effectifs.

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