Quelques mois après avoir quitté ses fonctions à Matignon et perdu la mairie de Pau, François Bayrou publie un livre intitulé Alerte sur la France qui vient. Édité par L’Observatoire, il fait 288 pages et coûte 22 euros. Ce livre, très attendu, permet à l’ancien président du MoDem de faire un bilan, de défendre son action et de parler sans détour de ses relations avec Emmanuel Macron.
Une phrase qui fait beaucoup de bruit
Un passage du livre a particulièrement attiré l’attention. François Bayrou évoque un tétragramme, c’est-à-dire une suite de quatre lettres qu’il aurait inventée pour désigner Emmanuel Macron : « IVNB« , pour « Il va nous ba*ser« . Cette expression, très imagée, reflète selon lui un pressentiment fort concernant la manière dont le président de la République allait gérer les affaires du pays.
Bayrou affirme avoir utilisé cette formule sans la renier. Il précise qu’il s’agissait d’une confidence qu’il aurait faite à Dominique de Villepin. Ce ton direct et sans détour confère à son livre une tonalité particulière, différente des mémoires souvent plus policées des hommes politiques.
Un bilan critique et analytique
Au-delà de cette phrase choc, l’ouvrage de l’ancien Premier ministre se veut aussi un exercice de bilan. Il revient notamment sur l’affaire Bétharram, qui a marqué la fin de son mandat à Matignon. Il exprime également sa colère contre ce qu’il qualifie de « cynisme bas du front » qu’il attribue aux conseillers d’Emmanuel Macron, ainsi que le « machiavélisme de chiasmes » de leur entourage.
Il ne ménage pas non plus ses anciens ministres, citant Rachida Dati ou Sébastien Lecornu. Cependant, la figure centrale de son récit reste le président de la République. Bayrou raconte que celui-ci lui parlerait au moins une fois par semaine. Cette proximité affichée est néanmoins teintée de méfiance, que l’ancien député n’a plus jugé utile de dissimuler dans son livre.
Un homme de convictions, façonné par la politique
Pour comprendre la verve de François Bayrou, il faut revenir à ses origines. Né le 25 mai 1951 à Bordères, dans les Pyrénées-Atlantiques, il appartient à une famille d’agriculteurs. Après avoir obtenu l’agrégation de lettres classiques, il se tourne vers la politique. Conseiller général dès 1982, puis député en 1986, il devient plus connu du grand public en 1993 lorsqu’il est nommé ministre de l’Éducation nationale.
Il se présente à trois reprises à l’élection présidentielle, en 2002, 2007 et 2012, sans jamais atteindre le second tour. En 2007, avec près de 19 % des voix, il crée le Mouvement démocrate (MoDem). Après plusieurs tentatives infructueuses, il remporte enfin la mairie de Pau en 2014. En 2017, il soutient Emmanuel Macron, et est brièvement nommé Garde des Sceaux, avant de démissionner un mois plus tard à cause de l’affaire des assistants parlementaires du MoDem.














