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Éric Ciotti propose d’utiliser les réserves d’Agirc-Arrco pour financer la capitalisation

Le député et président de l’UDR, Éric Ciotti, a récemment lancé un nouveau débat sur la réforme des retraites en France. Depuis Nice, il a proposé d’introduire une part de retraite par capitalisation dans le système actuel. Ce n’est pas une option parmi d’autres, mais une transformation structurelle du régime français. Son objectif est de compléter le régime par répartition par un nouvel étage financé individuellement.

Concrètement, cette proposition prévoit une transition progressive sur une quinzaine d’années. Lors de cette période, une partie croissante des cotisations, jusqu’à 9 points, serait orientée vers des fonds de capitalisation. Éric Ciotti souhaite ainsi créer un mécanisme supplémentaire pour garantir des pensions plus élevées à l’avenir. Il estime que l’augmentation de l’âge de départ ne constitue pas une solution définitive.

Une réforme profonde sur 15 ans

Pour le député des Alpes-Maritimes, la discussion ne porte plus seulement sur les seuils ou les paramètres du système, mais sur son architecture même. Contrairement à ses positions antérieures, quand il soutenait le passage à 64 ans sous Les Républicains, il considère aujourd’hui que cette approche a ses limites. Sa proposition vise à renforcer la répartition en y intégrant un pilier de capitalisation obligatoire et progressif. Les cotisations des actifs alimenteraient ainsi directement leur future pension via des placements financiers.

Le financement : un enjeu clé

Pour financer cette réforme, Éric Ciotti propose deux leviers principaux. Le premier consiste à utiliser les excédents du régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco pour alimenter un « fonds de transition ». Cette idée soulève des questions, notamment sur l’utilisation de réserves destinées à garantir les pensions actuelles des retraités.

Le second levier évoqué est la « mobilisation de l’épargne existante ». Les modalités concrètes de cette opération restent floues, notamment en ce qui concerne les produits d’épargne qui pourraient être mobilisés.

Une réaction politique face à Marine Le Pen

Cette déclaration intervient quelques jours après une prise de position de Marine Le Pen, qui s’était montrée favorable à une part de capitalisation, mais à la condition que celle-ci soit « volontaire » et réservée à ceux qui le peuvent. La proposition d’Éric Ciotti apparaît donc plus systématique et imposée, ce qui marque une différence importante.

Marine Le Pen a rapidement nuancé ses propos, rappelant que « l’objectif prioritaire, c’est de protéger les retraites de ceux qui n’ont pas les moyens ». Ce débat illustre différentes visions au sein de la droite, entre une approche pragmatique et une autre plus radicale pour l’avenir du système français.

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