Emmanuel Macron s’exprime ce jeudi soir sur la crise des carburants et la menace russe
Emmanuel Macron doit prendre la parole lors d’une interview télévisée ce jeudi 24 septembre à 20h. C’est la première fois depuis juin 2024 qu’il se prête à cet exercice. Il devrait aborder plusieurs sujets touchant directement le quotidien des Français, notamment la flambée des prix à la pompe et la situation liée à la menace russe.
Cette intervention sera diffusée sur TF1 et France 2. Elle lui permettra de rester visible à l’approche de l’élection présidentielle, tout en affirmant son rôle de garant de la stabilité nationale.
Ce rendez-vous télévisé, qui durera entre 30 et 40 minutes, intervient dans un contexte où Emmanuel Macron apparaît davantage sur la scène internationale. À sept mois de la fin de son mandat, il cherche à montrer que son action reste en lien avec les préoccupations des citoyens, malgré la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Il dispose en effet de moins d’influence politique qu’auparavant, en raison d’une majorité fragilisée et d’une popularité en baisse.
Les enjeux de l’interview : montrer que la France agit
Lors de cette entrevue, le président pourrait insister sur les efforts diplomatiques menés pour faire face aux crises mondiales. La semaine dernière, il a rencontré à l’Élysée des chefs de parti et plusieurs candidats à la présidentielle. Lors de cette réunion, il a dressé un tableau sombre de la situation internationale, évoquant notamment la guerre au Moyen-Orient et les attaques « hybrides » de la Russie en Europe.
Certains participants ont été saisis par la gravité de la situation, d’autres ont critiqué cette démarche, la qualifiant de simple opération de communication ou de diversion face à ce qu’ils perçoivent comme un déclin de la France.
Un interlocuteur d’Emmanuel Macron a indiqué que lors de cette interview, il espérait que le président expliquerait que la crise liée à la hausse du prix du carburant, notamment à cause des tensions entre les États-Unis et l’Iran, devrait perdurer jusqu’à l’élection présidentielle. Son entourage souligne que le but est de montrer que la France agit efficacement sur la scène diplomatique.
Une action diplomatique pour gérer la crise énergétique
Le prix des carburants ne cesse d’augmenter, ce qui alimente la grogne sociale et réduit le pouvoir d’achat. En moyenne, le prix du gazole a atteint 2,40 euros par litre en France, selon une analyse de l’AFP, tandis que l’essence SP98 est à 2,26 euros et la SP95-E10 à 2,16 euros.
Malgré l’annonce de nouvelles aides mardi soir, le gouvernement semble démuni face à la situation. Un sondage Elabe pour BFMTV indique que 70 % des Français trouvent ces aides insuffisantes. La majorité d’entre eux anticipent même une poursuite de la hausse des prix des carburants dans les prochains mois.
Dans ce contexte, Emmanuel Macron a mis l’accent sur l’action diplomatique. Il a multiplié les rencontres ces dernières semaines avec des dirigeants internationaux, comme le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi, le roi Abdallah de Jordanie ou encore le Premier ministre canadien Mark Carney. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement en pétrole, perturbé par les tensions dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
À New York lundi dernier, il a aussi présenté des initiatives à Donald Trump, notamment une proposition de « trêve énergétique » dans le cadre du conflit en Ukraine. Selon ses proches, toute son action diplomatique vise à améliorer la vie quotidienne des Français, notamment en assurant une stabilité énergétique à long terme.
“Toute son action diplomatique consiste à essayer de changer la vie au quotidien”
Malgré ces efforts, certains critiques dénoncent un double discours. Manon Aubry, par exemple, a accusé Emmanuel Macron d’avoir deux visages : celui qui dénonce les agissements du gouvernement israélien et celui qui refuse de prendre des sanctions contre Benjamin Netanyahu.
La menace des attaques hybrides russes
Le président doit également rappeler l’état de la menace russe. Il pourrait évoquer un incident récent à l’aéroport allemand de Leipzig, où des drones explosifs ont été découverts. Selon lui, si ces drones avaient explosé contre des avions ukrainiens, cela aurait pu entraîner des pertes humaines importantes. Il s’agit d’une attaque attribuée à Moscou, que la France considère comme une menace sérieuse.
Vendredi dernier, Emmanuel Macron avait déjà affirmé que les attaques hybrides russes ne resteraient pas sans réponse. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la protection des infrastructures critiques et des sites sensibles contre ces formes d’attaques, qu’elles soient cybernétiques ou par drones.
Ce contexte sécuritaire délicat s’inscrit dans une logique de positionnement pour la campagne présidentielle, où le président souhaite apparaître comme le garant de la sécurité nationale, tout en évitant d’interférer directement dans le choix de son successeur.














