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Une année supplémentaire à l’Élysée, mais une ambiance de fin de mandat

Emmanuel Macron approche de la dernière année de son quinquennat, avant la prochaine présidentielle. Cependant, cette période s’accompagne déjà de signes de fatigue, avec le départ de plusieurs proches collaborateurs et une influence qui semble diminuer sur la scène nationale.

Le départ anticipé d’Emmanuel Moulin, secrétaire général de l’Élysée qui envisage de prendre la tête de la Banque de France, illustre cette tendance. Ces derniers mois, de nombreux départs ont marqué la rue du Faubourg Saint-Honoré, témoignant des défis que peuvent représenter les fins de mandat pour un président.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Les derniers mois d’un président peuvent s’avérer particulièrement difficiles, comme le souligne Gaspard Gantzer, ancien chargé de communication de François Hollande, qui évoque la difficulté pour un chef d’État de rester sous les projecteurs après tant d’années.

« Aucun départ n’est anodin »

Le premier défi pour un président en fin de mandat est souvent la gestion des départs de ses proches collaborateurs. Emmanuel Macron a déjà vu une dizaine de ses conseillers quitter l’Élysée depuis le début de l’année, pour continuer leur carrière dans le secteur public ou privé.

Parmi eux, Emilie Piette et Constance Bensussan, qui ont quitté leurs postes de secrétaires générales adjointes, pour prendre des responsabilités à RTE et à la Caisse nationale des allocations familiales. En février, Anne-Claire Legendre, conseillère pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, a été nommée à la direction de l’Institut du monde arabe, en remplacement de Jack Lang.

Un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy insiste sur la sensibilité de ces départs : « Aucun départ n’est anodin, ni professionnellement ni humainement. »

Les difficultés à recruter des remplaçants

Recruter de nouveaux collaborateurs pour l’Élysée n’est pas évident. Le vivier est restreint, avec peu de candidats disposant de profils adaptés, compatibles avec des responsabilités très exigeantes et des horaires souvent longs. Après presque dix ans de macronisme, cette réserve de talents s’amenuise.

Un ancien chargé de mission évoque la difficulté de faire quitter des postes à des personnes de haut niveau pour des CDD d’une durée limitée, ce qui représente une décision risquée.

Une fin de mandat marquée par l’incertitude

Une autre difficulté pour Emmanuel Macron est la conscience qu’il se trouve en sursis, avec la date du second tour comme échéance. Pour contrer cette pression, le président insiste sur sa volonté de continuer à travailler intensément jusqu’à la dernière seconde de son mandat.

Il enchaîne ainsi les déplacements à un rythme soutenu, allant de réunions internationales à des actions de soutien à l’Ukraine, en passant par des visites en Europe et en Afrique. Ces semaines de voyages illustrent sa détermination à maintenir l’action malgré la fin proche.

Le contexte international et l’incertitude intérieure

Le contexte mondial incertain influence également la fin de mandat d’Emmanuel Macron. La dissolution de l’Assemblée en 2024 a privé le président d’une majorité claire, l’obligeant à se concentrer davantage sur la scène internationale. La guerre en Iran, le retour de Donald Trump aux États-Unis ou encore la crise en Ukraine compliquent la donne.

Pour Dominique Bussereau, ancien ministre, il s’agit d’un mouvement classique lors des fins de mandat : « On se repositionne souvent à l’international parce que c’est là que l’on a encore des leviers. »

Une personne bien informée souligne que, malgré cette période difficile, il ne faut pas penser que les derniers mois sont forcément éprouvants : « C’est une page entière de votre vie qui se tourne. »

Se réinventer après la Présidence

La question de l’après-mandat se pose pour Emmanuel Macron, qui sera encore jeune lors de son départ de l’Élysée. Il affirme ne pas s’inquiéter pour la suite, déclarant qu’il n’a pas fait de politique avant et n’en fera pas après.

Pourtant, l’histoire montre que peu de présidents ont totalement quitté la scène politique. Nicolas Sarkozy a tenté de revenir lors de primaires, François Hollande est retourné à l’Assemblée nationale, et d’autres ont tenté de rebondir dans d’autres rôles.

Selon un proche, Macron pourrait envisager une nouvelle candidature à la présidentielle de 2032. Cependant, il n’a pas encore pris de décision ferme à ce sujet, comme il l’a indiqué en mai 2025.

Un ancien collaborateur souligne que la transition vers une nouvelle vie peut être difficile : « Emmanuel Macron a encore beaucoup de temps devant lui. Se réinventer après une vie politique n’est pas évident, comme le montrent les exemples précédents. »

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