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Qui est Edwige Diaz, la nouvelle tête du groupe RN au Sénat ?

Edwige Diaz, ancienne députée de Gironde et figure montante du Rassemblement national (RN), a été nommée à la tête du nouveau groupe du parti au Sénat. À 38 ans, elle succède à un parcours impressionnant, marqué par plusieurs victoires électorales et une forte implantation locale.

Elle est désormais chargée de faire collaborer des sénateurs aux profils très variés, allant d’élus à vocation sociale à des libéraux proches d’Éric Ciotti. Son objectif : renforcer la présence du RN dans cette institution et faire avancer ses priorités.

Une progression rapide en politique

Après avoir été élue députée à deux reprises, Edwige Diaz a permis au RN de remporter plusieurs mairies dans la Gironde, un département traditionnellement à gauche. Son arrivée au Sénat constitue une étape importante, car cette chambre était jusqu’ici peu accessible pour le parti de Marine Le Pen.

Elle a fait une campagne remarquable. Elle est surtout une femme de confiance qui a fait ses armes sur le terrain ces dernières années et qui a acquis une légitimité.

Les débuts en politique et l’influence de Nicolas Sarkozy

Son parcours débute après des études d’espagnol et une carrière d’assistante de direction. En 2007, elle soutient Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle, alors qu’elle est encore proche de l’UMP (l’ancien nom des Républicains).

En 2012, sa rencontre avec Marine Le Pen lors d’un meeting marque un tournant. Elle rejoint le mouvement et se fait rapidement remarquer par Florian Philippot, qui cherche à professionnaliser le RN en recrutant des profils compétents.

Elle est alors repérée par Jacques Colombier, eurodéputé proche de Jean-Marie Le Pen, qui l’incite à travailler dans la région de la Gironde. Après plusieurs échecs électoraux, elle obtient en 2015 le poste de conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine et devient présidente de la fédération RN de Gironde.

Une candidate qui ne se laisse pas décourager

En 2017, elle échoue aux législatives face à Véronique Hammerer, mais avec près de 43 % des voix au second tour dans un contexte national hostile à l’extrême droite. En 2020, elle se présente à nouveau à Saint-Savin, sans succès, mais enregistre une performance remarquable dans une région modérée.

Ça a été très formateur pour elle de perdre à plusieurs reprises. Elle a labouré le terrain, engrangé des échecs, vu ce qui marchait ou pas chez elle. Et puis rien ne dépasse chez elle. Ça, les électeurs adorent.

Une ascension fulgurante au RN

Sa région d’origine, le nord de la Gironde, a été un lieu de forte mobilisation, notamment lors du mouvement des gilets jaunes. En 2022, elle remporte une victoire importante en battant une députée macroniste dans une circonscription clé. Elle entre à l’Assemblée nationale, souvent aux côtés de Marine Le Pen, ce qui lui vaut une forte visibilité.

Elle s’affirme comme une porte-parole du parti, en multipliant ses interventions télévisées et en se distinguant par sa présentation soignée et sa capacité à s’exprimer clairement. Rapidement, elle devient vice-présidente du RN avant de participer à la dissolution de juin 2024, lors de laquelle elle est réélue dès le premier tour.

Une représentante du changement

Son influence s’appuie aussi sur les résultats des municipales de mars dernier, où le RN a enregistré plusieurs victoires dans des villes de Gironde et d’ailleurs. Ces succès laissent entrevoir la possibilité d’un renouvellement dans la représentation locale et nationale.

On sent une vraie volonté de changement de la part des maires qui votent aux élections sénatoriales, une envie de changer de système et Edwige Diaz représente tout à fait cela.

Une entrée stratégique au Sénat

Son élection au Sénat s’inscrit dans une stratégie plus large. Marine Le Pen lui a apporté un soutien lors de la campagne, notamment en l’accompagnant lors d’une visite aux victimes d’incendies en Gironde. Ces actions contribuent à renforcer sa visibilité et son influence.

Son arrivée au Sénat ne se limite pas à une fonction honorifique. Elle doit gérer un groupe composé de sénateurs aux profils divers, comme Joshua Hochart, proche du social, ou Laurent Castillo, plus libéral. Son défi : faire avancer les priorités du RN et maintenir l’unité entre ces profils variés.

Un groupe qui joue un rôle stratégique

Le groupe RN au Sénat est aussi perçu comme un levier pour attirer d’autres élus, notamment des LR, qui pourraient envisager de rejoindre le parti. Cependant, cette dynamique reste limitée pour l’instant. Seule la sénatrice Sylvie Goy-Chavent a franchi le pas, tandis que d’autres élus hésitent.

Selon le sénateur LR Roger Karoutchi, la présence de 15 sénateurs RN est notable mais inférieure à celle des autres groupes. Il souligne que leur influence reste encore modérée.

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