Le Rassemblement national (RN) a échoué à faire adopter plusieurs de ses propositions lors de la dernière séance à l’Assemblée nationale. Parmi elles, un texte visant à garantir un accès continu à l’eau potable dans les territoires ultramarins a été rejeté par 160 voix contre 156. Le parti d’extrême droite n’a pas réussi à reproduire le succès de l’année précédente, où il avait fait voter une résolution sur un sujet similaire.
Une stratégie de thèmes consensuels qui n’a pas abouti
Le RN espérait jouer la carte de thèmes déjà largement acceptés ou ayant déjà recueilli une majorité par le passé, afin de mettre ses adversaires dans l’embarras. Mais ses initiatives ont été bloquées par la majorité de gauche et du centre. Marine Le Pen, lors de cette journée à l’Assemblée, a voulu revendiquer une victoire symbolique, à quelques mois de la présidentielle.
L’an dernier, le RN avait fait voter une résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968, une première historique pour le parti à l’Assemblée. Cette fois, il n’a pas réussi à obtenir un vote favorable pour ses propositions, notamment sur l’accès à l’eau ou la panthéonisation de figures historiques, qui sont pourtant des sujets non controversés. Les opposants ont refusé de lui donner leurs voix.
Les propositions sur la mémoire et l’histoire repoussées
Une résolution demandant l’entrée au Panthéon de trois personnalités — Olympe de Gouges, l’abbé Charles-Michel de l’Épée et Zéna M’Déré — a été rejetée par 133 voix contre 158. Si ces figures ont une importance certaine, nombreux ont dénoncé une instrumentalisation de l’histoire par le RN. La députée socialiste Colette Capdevielle a parlé d’une opération de « relooking historique ».
Une autre résolution, plus clivante, sur la « priorité nationale » dans la commande publique, a été rejetée à 187 voix contre 151. De même, une proposition visant à « refonder l’espace Schengen » en créant une double frontière contre l’immigration a été rejetée par 199 voix contre 144.
Le sujet sensible des ZFE
Le débat le plus vif a concerné la proposition de suppression des zones à faibles émissions (ZFE). Bien que cette mesure ait déjà été votée lors de l’examen d’une loi sur la simplification, le Conseil constitutionnel a invalidé cette décision, estimant qu’elle n’était pas liée au texte initial.
Les ZFE, instaurées en 2019, limitent la circulation des véhicules les plus polluants dans plusieurs grandes villes afin de réduire les émissions de particules fines, responsables de maladies respiratoires et de décès.
Malgré cela, la majorité a voté contre leur suppression. Les députés d’extrême droite, des Républicains, ainsi que ceux de la France insoumise, ont tous rejeté un amendement visant à supprimer ces zones. Le député RN Pierre Meurin a critiqué la « lâcheté » de certains parlementaires qui ont préféré faire obstruction plutôt que de voter en faveur de la suppression.
Les débats ont été longs, notamment en raison des interventions d’élus écologistes et macronistes qui ont dénoncé l’absence d’alternatives proposées par le RN.














