Une ville de 13 000 habitants dépense près de 300 000 euros chaque année pour lutter contre la chaleur
Face aux canicules de plus en plus fréquentes, certaines communes cherchent des solutions pour rafraîchir leur environnement. C’est le cas de Cuers, petite ville du Var, qui dépense environ 300 000 euros par an depuis 2022 pour réduire la température en période de fortes chaleurs.
En 2022, lors d’une journée de canicule, la ville a effectué un relevé de température au sol : elle atteignait 61 °C. Ce constat a été un choc pour le conseil municipal. Le maire, Bernard Mouttet, réélu en mars 2026, a alors décidé d’agir. Il a débloqué un budget important et lancé un nouveau slogan : « Ville basse température l’été ».
Des travaux innovants pour rafraîchir la ville
Pour faire face à la chaleur, la municipalité a installé des voiles d’ombrage dans les espaces verts et les zones de loisirs. Ces structures, en tissu tressé, permettent de faire descendre la température du sol à environ 25 °C. Selon Rabah Zeggari, fondateur de Voile du Sud, l’air chaud monte et l’air plus frais descend, ce qui contribue à réduire la chaleur.
Les trottoirs ont été recouverts d’un revêtement plus clair, fabriqué à partir de matériaux naturels sans produits pétrochimiques. Par ailleurs, une trentaine d’arbres (ormes, frênes, platanes) sont plantés chaque année pour apporter de l’ombre.
Des écoles mieux isolées et plus écologiques
Les deux écoles primaires de Cuers ont été entièrement rénovées pour améliorer leur efficacité énergétique. Ces travaux, qui ont coûté au total 13 millions d’euros, ont permis d’obtenir le label « Bâtiment durable Méditerranée ». Les bâtiments disposent de parois en fibre de bois, de faux plafonds et de moucharabiehs, des fenêtres d’origine maghrébine qui permettent de ventiler tout en bloquant le soleil.
Une réduction significative de la température en classe
La ville a décidé de ne pas installer de climatisation dans les écoles. À la place, elle a mis en place un système de pulvérisation de micro-gouttelettes d’eau sur des panneaux refroidissants. Grâce à cette méthode, la température à l’intérieur des classes a diminué d’environ 10 °C.
De plus, la cour en goudron a été remplacée par un sol drainant, qui permet à l’eau de s’infiltrer et contribue à rafraîchir l’environnement.
Des résultats encourageants mais des contraintes
Ces aménagements ont permis de faire baisser la température au sol dans la ville, pouvant descendre jusqu’à 25 °C en période de canicule. Toutefois, certains défis subsistent. Dans les rues non piétonnes, il n’est pas possible d’installer des voiles d’ombrage ou de planter des arbres, afin de garder un accès suffisant aux véhicules de secours.
Les travaux à Cuers ne s’arrêtent pas là. La municipalité a adopté un nouveau plan d’urbanisme visant à favoriser la ventilation naturelle dans les constructions privées, avec l’utilisation de matériaux innovants et de nouveaux aménagements. La commune veut continuer à se transformer pour mieux faire face à la chaleur, malgré une baisse du Fonds vert, qui finance ces initiatives, passé de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 837 millions en 2026, selon le ministère de la Transition écologique.














