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Les mesures proposées pour lutter contre la surpopulation carcérale

Une note de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon, consultée par BFMTV, révèle les stratégies envisagées pour réduire la surpopulation dans les prisons françaises. Au 1er avril, le nombre de détenus atteignait 88 145, un record historique, alors que la capacité officielle est d’environ 65 000 places.

Une crise qui menace la dignité et la sécurité

La note, datée du 28 avril, souligne dès ses premières lignes l’ampleur du problème. Elle indique que plus de 7 400 détenus doivent dormir sur un matelas au sol, ce qui témoigne d’une crise sans précédent. Selon le document, cette situation met en danger la dignité des détenus, augmente les risques de violence pour le personnel et compromet la sécurité et l’efficacité de la prise en charge pénale.

Face à cette crise, la direction insiste sur la nécessité d’optimiser l’utilisation des places disponibles, sans tolérer la sous-utilisation des capacités existantes. Elle recommande également d’accélérer les procédures d’aménagement de peine et d’accorder davantage de réductions de peine.

Favoriser les alternatives à la détention

La note met en avant l’importance de recourir davantage aux mesures alternatives à la détention, comme la semi-liberté ou le placement à l’extérieur. Elle évoque aussi la surveillance électronique, notamment la détention à domicile ou l’assignation à résidence sous surveillance, qui sont des alternatives à l’incarcération provisoire. La direction recommande de poursuivre le déploiement de ces dispositifs et de réduire les délais pour leur mise en œuvre.

Des progrès à faire sur les réductions de peine

Concernant la réduction de peine, la note la considère comme un levier puissant pour réguler la population carcérale. Ces réductions peuvent être accordées aux détenus ayant montré une bonne conduite et des efforts de réinsertion. Elles ne peuvent dépasser six mois par année d’incarcération et quatorze jours par mois pour un détenu incarcéré pour moins d’un an. La note souligne que le taux d’octroi de ces réductions présente encore une marge de progression importante.

Le document aborde aussi la situation des détenus étrangers en situation irrégulière. Il préconise de mieux les informer sur les dispositifs d’aide au retour volontaire, l’accompagnement social dans leur pays d’origine, ou encore la libération conditionnelle avec expulsion. Cette dernière mesure permettrait une libération anticipée pour certains étrangers condamnés et interdits du territoire français.

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