Une baisse de la natalité en France
En 2025, la France est devenue le 21e pays d’Europe à enregistrer un solde naturel négatif. Lors d’une conférence de presse, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan a évoqué plusieurs pistes pour inverser cette tendance.
Longtemps, la France a été considérée comme une exception démographique en Europe, avec un taux de natalité élevé. Cependant, depuis 2010, cette situation s’est détériorée. La baisse du nombre de naissances et la diminution de la fécondité ont été confirmées en 2025, année où le pays a enregistré plus de décès que de naissances, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : contraintes économiques, incertitudes géopolitiques et environnementales, ainsi que l’évolution des aspirations familiales. La complexité de ces causes rend difficile la mise en place de solutions efficaces. Clément Beaune, Haut-Commissaire au Plan, a souligné que les politiques publiques doivent être reconsidérées face à ce défi démographique.
Simplifier les dispositifs d’aide aux familles
Les dispositifs d’aide aux familles sont souvent difficiles à comprendre. Entre réformes, ajustements et empilement de prestations, la lisibilité pour les futurs parents s’est souvent dégradée. Cela contribue à une incertitude qui peut freiner le désir d’enfant, déjà long à concrétiser.
Le Haut-Commissariat insiste sur la nécessité de clarifier et de stabiliser ces aides. L’objectif est de rendre la politique familiale plus compréhensible, prévisible et efficace. Selon Césarine Boinet et Constance Desaunettes, il faut privilégier une simplification des règles pour mieux accompagner les familles dans leur projet de parentalité.
Politiques natalistes ou familiales ?
Face à la baisse de natalité, plusieurs pays européens ont adopté différentes stratégies. La Hongrie privilégie une politique nataliste, avec des prestations financières destinées à encourager la natalité. Ces mesures ont permis une augmentation des mariages et de la fécondité, mais n’ont pas suffi à faire remonter suffisamment le taux de natalité.
À l’inverse, l’Allemagne et la Suède privilégient une politique axée sur le soutien aux familles existantes. Leur objectif est d’améliorer les conditions d’accueil et de développement des enfants, tout en favorisant une répartition plus équilibrée des responsabilités parentales.
Le Haut-Commissariat propose d’envisager ce dernier modèle en France. Cependant, un tel changement nécessiterait un large consensus autour de normes de coparentalité, bien plus qu’un simple ajustement technique.
Réformer les congés liés à la naissance
Les congés de maternité et de paternité sont un levier important pour encourager la natalité. Leur efficacité dépend toutefois de leur durée, de leur indemnisation et de leur répartition entre les parents. Un congé long mais peu rémunéré est peu sollicité par les pères, ce qui limite son impact.
Le Haut-Commissariat recommande de prolonger la logique des droits non transférables, pour encourager la prise de congé par les pères. La France dispose déjà d’un congé supplémentaire de naissance, considéré comme une avancée, mais il pourrait être complété par un troisième mois d’indemnisation, à condition que le père prenne au moins un mois de congé.
Un accès facilité à un mode d’accueil formel
Les familles privilégient souvent la garde en crèche, chez une assistante maternelle ou en établissement d’accueil. Cependant, il arrive qu’elles rencontrent des difficultés pour trouver une place. Le manque de places ou la difficulté d’accès sont des obstacles importants.
Pour le Haut-Commissariat, il est essentiel de garantir un accès effectif à ces modes d’accueil dès l’âge d’un an. Cela permettrait de concilier vie professionnelle et vie familiale, en réduisant les coûts et l’incertitude liés à l’arrivée d’un enfant.
Une priorité est donnée à l’extension de l’offre dans les territoires où la demande est insuffisante, en particulier pour les ménages modestes ou ceux qui recourent peu aux modes d’accueil formels.














